mardi, janvier 20, 2009

Vénus en Poissons(2) : Obama, Uranus et Saturne

Cette année astrologique est fortement influencée par l’opposition Uranus/Saturne, des Poissons à la Vierge. L’orbe la plus lâche de cet aspect sera de 11° en mai/juin, lorsque Saturne aura rétrogradé à 14° de la Vierge. Elle se termine avec le départ de Saturne pour la Balance, fin octobre, mais reprendra avec sa rétrogradation, de mars à septembre 2010.

Mondialement on peut s’attendre à certains soubresauts: dans ce cas de figure, Uranus représente la révolution des idées qui mènent aux changements et parfois aux bouleversements, opposée au temps, à la bureaucratie et à la crainte du changement (Saturne). Simultanément Saturne joue le rôle de garde fou : les révolutions initiées par Uranus (française, russe, chinoise et autres) n’aboutissent en général qu’à plus de chaos, sans compter les bains de sang dont elles s’accompagnent. C’est que le problème est intérieur avant tout, les «révolutionnaires» sont des hommes comme les autres, gouvernés par les mêmes ambitions et la même violence que ceux qu’ils cherchent à renverser. Saturne, le vieux sage, est pour sa part très réactionnaire. Il symbolise l’immobilisme, l’attachement aux habitudes et aux traditions, l’enlisement des idées qui perpétuent les mêmes erreurs, les mêmes injustices, les frustrations et la haine. Uranus, le fer de l’intelligence, perçoit les mutations nécessaires, mais sa nature métallique et cassante, impatiente, inapte aux compromis, tente habituellement de les imposer, par la violence si nécessaire. C’est pourquoi cet astre s’associe à l’aristocratie dirigeante, et trop souvent aux dictatures.

Le temps, Saturne, celui qui mange ses enfants, est-il l’ennemi du changement ? Saturne réclame de la patience, une certaine lenteur, celle de la nature, qui prend en compte les conditionnements millénaires de l’humanité. De ce point de vue son action est louable, mais d’un autre coté le temps s’oppose à la véritable révolution : il ne permet que des réformes, des transformations toujours à venir, des promesses rarement ou jamais tenues.

L’opposition des deux astres risque d’aboutir ainsi à des espoirs déçus. On aimerait croire (l’espoir fait vivre) que la présidence d’Obama changera quelque chose, même si l’on sait, ou devrait savoir, que ce n’est pas par la politique que le monde se réformera, puisque les consciences ne se modifient pas le moins du monde : tant que l’ambition, le refus de soi, la peur, l’envie et la violence règneront sur nos cœurs, il semble évident que nous sommes condamnés à perpétuer le même type de société. Le thème de Barak Obama, dont la nomination se fait aujourd’hui, montre un Mars à 21° de la Vierge. Saturne y est conjoint et Uranus opposé, une figure de violence, de fanatisme (Mars/Uranus), de problèmes majeurs, de frustrations, d’emprisonnement intérieur et de fortes difficultés d’action (Mars/Saturne).

Peut-être, tentera-t-il d’imposer de nouveaux schémas (Uranus), mais l’opposition (Saturne sur Mars) sera puissante, presque inamovible. Espérons que la violence de ces aspects, Uranus opposé à Mars évoque le terrorisme qui tente d’imposer ses idées (Uranus) par la force et la violence(Mars), n’inspirera pas les fanatiques du KKK ou d’ailleurs qui, soyons-en certains, n’ont pas accepté la nomination d’un homme de couleur à la première place de l’état américain.

L’excellent coté de cette nomination réside dans la conjonction Jupiter/Soleil/Mercure tout début Verseau, qui annonce un grand progrès dans la propagation des idées, dans l’aide sociale et de possibles vrais changements : c’est sans doute aussi, d’un point de vue mondial, la plus grande revanche de la race noire qui en a tant bavé, qui est ici signifiée. On remarque que le Soleil (la lumière, la noblesse) et Mercure (l’intellect, la communication, l’ordre et le discernement) sont positionnés exactement sur le Jupiter d’Obama. Le Jupiter actuel n’est qu’à 3° de là! c’est une figure magnifique sur le plan personnel, qui pour ne rien gâcher, est au trigone exact de sa Lune en Gémeaux en VII : son épouse Michelle y est totalement associée (Jupiter est sur son Mars et son Soleil en Capricorne tout à coté).

Cette très belle conjonction ne retire rien (excepté qu’elle apporte sans doute une vraie protection), au fait que Saturne soit sur son Mars, ce Mars qui est au demi-carré de son Neptune à l’AS : on peut craindre des trahisons, des pressions secrètes, de la part des «amis» (il faut être naïf pour croire qu’une telle position se gagne sans de puissants soutiens). Le fardeau sur les épaules d’Obama le neptunien est extrêmement lourd. De plus Saturne sur Mars bloque obligatoirement sa capacité d’action : il sera/est tourmenté par un réel besoin d’action (Uranus opposé à Mars), mais contré par de nombreuses impossibilités (Saturne sur Mars), sans doute en relation avec la crise économique, les inamovibles pouvoirs financiers et les marécages irakiens, afghans et israélo-palestinien .

Pour en revenir à la révolution, celle-ci obligatoirement intérieure, qui naît de l’intelligence, de la perception directe, est immédiate. On voit et on agit. Uranus transporte l’esprit au delà du temps psychologique : c’est ainsi qu’il trouve la clef de Saturne, en cessant de vivre toujours dans le passé (la mémoire et les traditions), ou l’avenir (l’espoir et les idéaux). Uranus s’associe à l’instant présent. Saturne lui vient en aide s’il est la patience, la persévérance qui est nécessaire à toute entreprise, à la compréhension même d’Uranus qui nécessite une patiente observation de soi. C’est ainsi que les deux astres doivent travailler ensemble, Uranus apportant la perception, l’intuition brillante, éclatante, l’éclair de génie, et Saturne de son coté la discipline, la simplicité, la sagesse, le calme et la patience. Dans un thème natal cette opposition signifie toujours la lutte entre le désir d’aventure et celui de la sécurité, comme s’il était possible d’avoir les deux dans la même poche ce qui aboutit souvent à la prétention et à l’excentricité.

Qu’en est-il de Vénus en Poissons, actuellement (présent pour la nomination d’Obama), conjoint à Uranus et opposé à Saturne ? Nous retombons dans l’ambivalence de cet aspect : Vénus/Saturne et Uranus/Vénus ont des voies et des inspirations différentes. Uranus aime Vénus à la folie, la recherche des sensations et des gratifications est importante, sans compter le désir intense de libérer les cœurs et les corps. Uranus déteste le mariage et les restrictions sexuelles, il engendre une certaine amoralité, puisqu’il y a refus de légiférer tout ce qui traite de l’univers vénusien. Saturne au contraire, exalté en Balance dans le signe de Vénus, poursuit la stabilité, la monogamie, la sécurité affective, l’amour qui se lie au temps et à la croissance de la compréhension mutuelle. Les histoires d’amour saturniennes sont moins flamboyantes, mais plus durables, car elles ne se basent pas sur la sensation à tous prix. D’un autre coté elles peuvent être fades et ternes, emprisonnées dans les habitudes sécuritaires et de nombreux couples, qui vivent ensemble par confort ou conformisme sont sous la coupe de Saturne.
Dans le cadre actuel, d’un Vénus écartelé entre Uranus et Saturne, les tiraillements sont grands et créent divers cas de figures, entre autres:
- Rencontres éblouissantes et coups de foudre avec Uranus/Vénus, mais ensuite séparation ou enlisement dans le temps, l’amour passion n’était qu’un feu de paille.
- Renforcements des liens dans les couples existants, qui profitent soudain des compréhensions et des folies uraniennes à l’intérieur d’une structure établie, mais aussi désir (vécu ou non) d’aller chercher ailleurs quelques épices depuis trop longtemps absentes de la relation.
- Ce n’est absolument pas le moment de créer un nouveau couple, aussi belle soit la rencontre, car l’opposition Vénus/Saturne est de mauvaise augure et même si cela prend six mois ou un an, la séparation se fera dans la douleur.
- Possibilités d’amour sublimé (Uranus/Vénus), parfois silencieux, pour cause d’obstacles divers (Saturne) qui se transforme en romantisme exacerbé, en créativité, en désir frustré, en coups de tête contre les murs, en apitoiement, en alcoolisme, héroïnomanie ou cannabinomanie, en crise religieuse ou en méditation spirituelle, selon la nature du sujet.

Mondialement, la présence de Vénus pour quelques jours (jusque début février) conjointe à cette opposition nous rappelle que toute révolution, si nécessaire, si essentielle non seulement pour l’humanité mais pour tous les être vivants avec qui nous partageons la planète terre, nécessite, pour ne pas dégénérer en violence et en intérêts de groupes, un fort degré d’amour et de compassion et qu’elle doit s’adresser d’abord aux cœurs des individus et à leurs consciences, bien plus qu’à leurs intellects et leurs porte-monnaie.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.