vendredi, décembre 08, 2017

Johnny dans les étoiles


Le mercredi 6 décembre au matin, en France et dans une bonne partie du monde francophone sans doute, les actualités, même les plus importantes, furent réduites à leur strict minimum, pour laisser la place à la seule information qui comptât vraiment, la disparition de Johnny Halliday, dont l’une des particularités fut d’occuper l’espace médiatique pendant presque 60 ans, c’est-à-dire trois générations. 

Une magnifique démonstration de Neptune, l’astre de l’émotion partagée, seul capable de provoquer un tel phénomène. Associée au roman, à la musique, à la danse, à la radio, au cinéma, à la télévision, à internet, cette planète éminemment empathique offre formes et couleurs à une importante partie de la conscience collective, amenant d’immenses foules d’individus à oublier les barrières les séparant les uns des autres, par le biais d’événements ludiques ou tragiques (1), de livres, de spectacles, de films et de séries, de poésies et de chansons et évidemment de personnalités qui réussissent à l’incarner. Johnny Halliday appartenait à ce club de neptuniens (2), qui à des degrés divers et par leurs destinées spéciales, s’infiltrent dans les esprits et les coeurs de leurs contemporains, pénétrant leur intimité comme s’ils appartenaient à leur famille et parfois de façon plus intense encore. 

Si l’on se demande comment ce mécanisme fonctionne, la réponse tient entière dans deux concepts neptuniens essentiels qui sont l’identification et l’illusion, d’où le fait que la majeure partie des membres de ce club soient des stars de la chanson ou du cinéma. 


Johnny Halliday, le 15 juin 1943 à 13h00 à Paris

On ne discutera pas ici de goûts et de couleurs, mais de la mécanique neptunienne qu’illustre impeccablement Johnny Halliday qui fut encensé, adulé et aimé comme un ami, un fils, un frère, un père ou un amant par des foules entières. Et s’il fut également moqué, ridiculisé et parfois détesté, l’essentiel tient en ce qu’il laissa peu de gens indifférents. Ce qui importe dans ce processus, c’est la jeunesse révoltée des années soixante en quête de nouveaux codes, de nouvelles idées, de nouveaux sons et d’un nouvel art de vivre qui se reconnut en lui, voire qui fut inspirée par lui. Mais ce qui appose définitivement le sceau neptunien c’est l’idéalisation obligatoire, qui transforma un chanteur en héros de légende, comme s’il vivait au quotidien les textes de ses chansons : identification et illusion donc.

L’étonnant est qu’un autre visage de Neptune, tout aussi essentiel et intimement connu de l’humanité anonyme empêtrée dans les réalités contraignantes, puisqu’il s’agit de celui de la souffrance, est presque toujours oublié ou passé sous silence, à moins qu’il ne soit sublimé en expérience féconde et gratifiante, car la vie rêvée du héros se doit de rester lumineuse et sans matérialité. Neptune, dont les cadeaux ne sont jamais exempts de souffrance offre ainsi, de par les couleurs et les paillettes dont il décore la conscience collective, des fuites et des consolations aux difficultés bien réelles des existences normales. On n’oublie pas qu’il représente les mécanismes psychologiques liés à la foi, à la communion, à l’oubli et à la consolation du moi, mais que de par sa double nature, il représente aussi la propagande, la publicité et autres manipulations de l’esprit par le biais des émotions. 

Ainsi, on a beau savoir que Johnny était un être humain comme un autre, prisonnier de son passé, avec ses joies et ses peines, ses ennuis de santé, ses obsessions et ses insatisfactions, ses craintes et ses humiliations, la conscience collective choisit de ne célébrer que celui qui allumait le feu sur scène, entérinant la légende d’un homme généreux, en contact fusionnel avec son public, libre des tracas du commun des mortels et traversant un monde de plaisirs et de lumières, de réjouissances et de succès sans fin. Neptune dans toute sa splendeur. 

Le Soleil

L’histoire de Johnny passe par son Soleil culminant dans le signe double des Gémeaux. Personne ne niera son éclat, sa présence et sa prestance, d’autant que Vénus en Lion (dont il portait la crinière), au trigone de Mars en Bélier (l’énergie et la virilité), conjointe à Pluton (l’obsession de la séduction), au sextile d’Uranus (le magnétisme et les riches expériences amoureuses), lui offrit charme, beauté et sensualité. 

Le pouvoir et la domination colorent aussi ce Soleil, grâce au parallèle que lui adresse Pluton. Cet aspect s’exprime intérieurement par le corps et l’esprit résistants, résilients, habités d’une animalité avide de sensations intenses, mais aussi extérieurement, par le biais de la maison XI, celle des amis et des réseaux, ou se tient Pluton (le pouvoir matériel), en compagnie de Vénus (le spectacle, les femmes) et de Jupiter (les soutiens, les opportunités). 

Exalté dans le Cancer, Jupiter fait d’ailleurs du beau travail à partir de cette maison des voeux et des souhaits : n’est-il pas au parallèle de déclinaison du Soleil (la réussite), favorisant les appuis, au sextile de Mercure (la chance) et au sextile de Neptune, qui s’en trouve amplifié dans toutes ses significations? Jupiter maîtrise également la maison VII (les nombreuses associations, les couples qui enrichirent sa vie) et la IV (les origines, la famille), car même si son père, qui était artiste, l’abandonne, il est élevé dans le milieu du spectacle habitué dès son enfance à participer à des tournées et à monter sur scène. 

Mais le Soleil (le père), malgré tout ces soutiens, est conjoint à Saturne (l’éloignement, la séparation), décernant un complexe d’abandon qui le poursuivra toute sa vie. Et dans ce contexte Vénus, magnétique comme on l’a dit, quant à elle au demi-carré de ce Soleil (manque d’amour ou de reconnaissance du père), abîme l’image de soi et provoque une difficulté à s’aimer soi-même, malgré les innombrables preuves d’amour reçues. Cet ensemble engendrant alors l’autodestruction, la futilité des apparences, la poursuite accentuée des plaisirs, la frivolité amoureuse, la nécessité absolue de séduire et de briller. 

Neptune, central comme on l’a dit, au carré du Soleil, souligne l’immense soif de fusion et de communion, due à une séparation douloureuse qui est l’abandon du père. Soulignons que les cartes du ciel des orphelins montrent souvent un Soleil affligé à la fois par Saturne et Neptune, la psychologie alternant ainsi entre ambition, isolement et froideur et une nécessité absolue de fusionner avec quelque chose de plus grand, de plus vaste et de plus sûr qu’un père humain afin d’oublier la douleur de se sentir séparé, de ne pas appartenir. 

Neptune

C’est ainsi que Neptune en première maison (le moi), rapporte tout à lui. Tout lui appartient : la musique et la danse, la souffrance, les paillettes, les illusions, la toxicomanie, le don de s’offrir entièrement sur scène, de se nourrir de la vibration des foules, d’expérimenter un contact à la fois psychique et charnel avec elles, une sensation fiévreuse, intense dont il ne pouvait se passer. Possédé par Mars en Bélier (l’énergie), au demi-carré du maître de l’AS (le comportement ardent) et par Pluton(résistance et auto-destruction) conjoint à Vénus (l’animalité sensuelle), on l’imagine vivant jusqu’à l’épuisement de terribles extases alors que des dizaines de milliers de fans l’acclament et chantent/dansent/souffrent et jouissent avec lui. On l’imagine aussi emporté, excité, anesthésié par la cocaïne ou l’alcool, fuyant la solitude, l’insécurité et la souffrance de se sentir séparé.

Neptune vulnérable, sensible, protéiforme lui permet d’incarner tous les rôles, de se glisser dans la peau du rocker, du voyou, de la star, de l’éternel adolescent, du loup solitaire, de l’amoureux transi. Ses rêves couvrirent plusieurs générations, car Neptune soumet à l’époque traversée, aux modes, aux bouleversement vécus par la collectivité. Et inconsciemment, même s’il croit agir de sa propre volonté, en les vivant lui-même, l’artiste neptunien réagit à ces mouvements qui agitent la conscience collective, il les chante, les incarne, les pétrit, les colore parfois et les propage.  

Johnny surfait le sommet de la vague quand ses fans travaillaient la tête sous l’eau, allaient à l’usine ou au bureau et trafiquaient leurs mobylettes, quand lui, le magnifique, chevauchait ses Harley et chantait la révolte et la liberté. 

Belle destinée quoique lourde à porter, la solitude n’en étant que plus grande, créant contre son gré une barrière entre lui et les autres. Le désir immense, fou, terrible, de se perdre, de se dissoudre en est accentué et Johnny emprunta toutes les routes lui facilitant  la réalisation de ce souhait, qu’il s’agisse de la toxicomanie, de la vitesse, des femmes, de la quête permanente de l’exaltation affective, esthétique et sexuelle et surtout, peut-être même principalement, de la scène. Neptune, amplifié par son sextile à Jupiter, fait penser que c’est sans doute là, au coeur de son public, que les sensations furent les plus extrêmes.

Ainsi Johnny abandonné enfant, privé de père (Soleil/Saturne), en quête d’amour et de communion (Soleil avec Vénus et Neptune), boit, se défonce, se suicide mais se manque, maltraite son coeur et son corps qui souffrent de ses excès, mais peu importe, cela n’existe pas vraiment, ça fait juste partie de la panoplie obligatoire de la star neptunienne. Ce qui compte c’est la légende d’un adolescent qui « réussit », qui devient homme, puis homme vieillissant, idolâtré et célébré toute sa vie, incarnant l’idéal d’une sorte de dieu vivant. Si Saturne (le temps, la durée), au milieu du ciel (la réussite) et au sextile de Mars (la force), est  responsable de l’incroyable longévité de son succès, on comprend qu’il n’en est pas d’aussi spectaculaire sans Neptune, qui décide si l’on va ou non entrer dans le panthéon de la conscience collective, celui à partir duquel on fait rêver les foules.

La Lune

La Lune en Scorpion, tourmentée, sexuelle, sombre et pourtant tenace, créative et puissante, symbolise un peu les bas-fonds de ce thème au Milieu du Ciel surchargé. Saturne lui adresse un quinconce qui refroidit, durcit parfois, isole et frustre tant la pensée que les émotions. Elle écarte, replie, rend timide et parfois mal à l’aise. Les craintes, les mémoires figées et obsessionnelles émergent souvent des obscurités du passé. Sans doute cette Lune difficile symbolise-t-elle autant une mère qui délègue l’éducation de son fils à sa tante, que les vexations de l’école et du voisinage, endurées par un petit garçon sans père dans une France ringarde d’après-guerre, captive d’une morale étriquée et d’une atmosphère grisâtre qu’il n’aura de cesse de fuir, quand on le traitait de fils de boche ou de gosse de divorcée …  

La Lune est également au demi-carré de Neptune et ainsi les brimades, l’isolement, la tristesse épisodique font leur effet car Jean-Philippe Smet est une véritable éponge psychique, apte à se noyer  dans ses émotions. Cet aspect liée à la souffrance mentale, riche d’inspiration, de rêveries, de chagrin et de sensibilité exacerbée, joue un rôle majeur, expliquant plus que les autres l’alcoolisme, la toxicomanie, de même que la fuite du présent dans l’identification à James Dean, à Elvis Presley et au « rêve américain » :  
« …Très émotive, l’enfance connaît parfois des souffrances, des brimades et des injustices qui s’ancrent dans la mémoire… Influences marquées du cinéma, de la télévision, des médias, de la propagande et de la publicité. Orientation artistique inspirée par une identification aux préoccupations de son époque et menant à de possibles succès. Plasticité psychique et faculté d’incarner l’homme ou la femme de son temps. Pour gérer la douleur et lever les inhibitions, mais aussi parce que Neptune tend naturellement vers la facilité et la paresse, l’abus des antidépresseurs, du tabac et de l’alcool est fréquent ».(3)

La grâce de la double nature lui permet pourtant d’être un « guerrier », car voguant par dessus ces influences neptuniennes souterraines, la Lune quoique sensible, rêveuse, timide et renfermée, est malgré tout en Scorpion et adresse un quinconce à Mars, provoquant des réactions violentes, gravant dans la nature instinctive de cet enfant amené à se défendre et à se battre, une certaine dureté mentale, une attraction pour la mort inséparable d’un désir de renaitre sans cesse de ses cendres, le tout vécu dans une grande agitation cérébrale, interdisant la paix et la sérénité. 

Cette Lune complexe enfin, maîtrise la maison XI, fort bien achalandée on l’a vu, faisant de lui un ami sûr et lui offrant de belles amitiés tant masculines que féminines, mais aussi des déceptions, des manquements et des trahisons dues à des illusions (Neptune toujours), car comment savoir si l’on vous aime pour vous-même quand l’argent et la gloire marchent à vos cotés?

Mercure

Mercure qui gouverne le signe solaire des Gémeaux (les orientations fondamentales), maître de l’ascendant Vierge (le moi), est culminant, montrant la capacité de s’élever vers les cimes de la société, d’autant qu’il est conjoint à Uranus (la liberté, la révolution, l’intelligence), culminant lui aussi. On a ici la description d’un mercurien adolescent qui tord le cou au passage à la notion idiote des Vierge éternellement timides et coincés. Mercure (les informations), conjoint à Uranus et au sextile de Jupiter (l’étude, la culture), nous indique aussi qu’il n’était pas du tout l’illettré stupide moqué par les humoristes, car cet aspect dénote toujours une vraie brillance mentale. Nombre de ses lapalissades étaient dues à une façon originale de « saisir » le monde mais aussi, sans doute, à l’alcool.

Au trigone de Mercure et d’Uranus, Neptune bien sûr, qui inspire un « moi » devenu capable de se hisser au sommet de la société en accompagnant (en chantant), l’air du temps : Johnny est présent au bon moment quand le Rock and roll révolutionne les Etats-Unis et que son oncle lui procure des disques inédits en France. La chance (Jupiter en XI) lui permet, grâce à Uranus (la nouveauté, la révolution), d’influencer en ce sens la conscience collective (Neptune) francophone. C’est sans doute Uranus aussi, qui conjoint au maître de l’AS (le comportement, l’attitude), lui offre la faculté d’être toujours lui-même, quoiqu’il arrive, dans ses errements, ses déclarations, ses attitudes.  

La fin avec Rahu et Ketu

Toute vie se termine par la dissolution. Le « moi », riche de ses petites histoires, de ses mémoires, de ses rêves achevés ou déçus, est voué à disparaître. La mort, la dissolution de l’ego, c’est-à-dire du noyau identitaire constitué de mémoires et de pensées cristallisées, qui a accompagné le corps tout au long de ses expériences, est le triomphe de Neptune : est-ce un hasard d’ailleurs si Johnny s’en va avec cet astre transitant sur son descendant, le lieu où le Soleil se couche et que les traités anciens associent à la mort? Pour ce qui est de la suite, il y a l’âme ou l’atman peut-être, c’est autre chose et cela reste bien mystérieux. L’essentiel est de comprendre que le moi est la plus grande de toutes les illusions.

Certains étudiants des « Livres des Morts » penseront possiblement que Johnny a eu la vie d’un dieu, celle au cours de laquelle on épuise un bon karma accumulé lors de vies précédentes. Succès, argent, célébrité, gratifications de toutes sortes furent bien au rendez-vous. Sa carte d’identité céleste pourtant, dont il resterait beaucoup à dire, souligne comme on l’a vu, une existence fortement marquée par la souffrance, même s’il eut il est vrai une destinée extra-ordinaire.

Une des causes principale en fut, en dehors d’une enfance problématique, qui est un sort plutôt commun malheureusement, Rahu, le noeud lunaire nord, posé sur la pointe de la maison XII, celle de l’ennemi secret, le mauvais ange des Grecs et qui avait pour nom, en ce qui le concernait, insatisfaction. Malgré les réussites extraordinaires et ses joies immenses qui valaient bien ses peines, Johnny désirait toujours plus de sensations et de gratifications, s’enfonçant ainsi dans l’auto-destruction. Mais Ketu, le noeud lunaire sud, associé à l’élévation spirituelle, posé sur la pointe de la maison VI, le service, lui permit, de par sa destinée de neptunien éblouissant, d’offrir soixante ans durant à son vaste public, nombre de joies étincelantes et de vraies consolations.  

Johnny est mort avec Rahu et Ketu revenu exactement à leur point de départ pour la quatrième fois, dans l’axe VI/XII des épreuves et des ennuis de santé. Ces noeuds lunaires sont au carré de la Lune en Scorpion, imbibée de force mentale, de pouvoir et de préoccupations obsessionnelles. C’est une Lune profonde, intense, toujours proche de la mort, dont la présence est ressentie toute la vie. C’est la Lune des chamans, capable en définitive d’amener l’esprit vers le rivage des compréhensions profondes. Il est certain qu’avec la perspicacité de Mercure, les perceptions directes d’Uranus, les inspirations de Neptune et en fin de compte la pénétration mentale de Saturne, Johnny, plutôt assagi ces dernières années, y avait pas mal réfléchi.

Son aventure ici-bas est terminée, souhaitons-lui bon voyage. 


(1) Qu’il s’agisse de la Coupe du monde de foot-ball ou d’un terrible attentat terroriste, car ce qui compte ce sont les millions et parfois même les milliards d’être humains qui partagent une émotion quasiment au même moment. Neptune s’avère ainsi fédérateur, quand il rassemble pour le bien, mais également très dangereux, lorsqu’il « possède » des populations prises de folies idéologiques et meurtrières.  

(2) Voir à ce sujet  les thèmes de Michael Jackson ou Jean-Luc Delarue

(3) L’astrologie et la mécanique de la pensée Les aspects de la Lune (Lune et Neptune en aspects tendus). 




CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.