samedi, mars 18, 2017

Emmanuel Macron

                                                                                   
Alors que les élections présidentielles se rapprochent à grands pas, Emmanuel Macron est en passe de voler la vedette à Marine Le Pen : non seulement il la rattrape dans les intentions de vote au premier tour, mais tout se passe comme si elle avait déjà fait son plein de voix, alors qu’il ne cesse de récolter de nouveaux soutiens. Il bénéficie il est vrai  de circonstances favorables créées par la « chute » de François Fillon et par l’incapacité de JL Mélanchon et de Benoît Hamon à s’accorder. La grille de lecture astrologique nous éclaire sur la personnalité réelle de ce candidat, qui à moins de 40 ans pourrait bien occuper le siège le plus convoité par la classe politique française.  


Emmanuel Macron le 21 décembre 1977 à Amiens à 10h40 am

Son thème affiche une double nature évidente, ce à quoi on s’attend chez un Sagittaire. Elle se révèle à différents étages du thème, mais par souci de simplification nous l’associerons au Soleil d’un coté et à Pluton de l’autre.

Le Soleil idéaliste et autoritaire

Associé à l’exploration et à la philosophie, le Sagittaire est un signe droit, idéaliste, sensible à l’injustice, exigeant envers lui-même et envers les autres : quoique tolérant, il est porté à se juger lui-même et à juger les autres selon des critères d’appréciation fondés sur des certitudes, faisant ainsi souvent preuve d’une certaine rigidité. Sa situation en maison XII (1), indique le désir d’explorer et d’éclairer les obscurités et un goût du secret marqué. 

Le soutien appuyé de Saturne (au trigone), maître de l’ascendant (le comportement), évoque la patience, le contrôle de soi, la détermination, le sérieux, la capacité de concevoir, de mener et de diriger des projets à long terme, ainsi qu’une certaine quête intérieure de la vérité (Saturne gouverne aussi la XII). 

Le triple parallèle Soleil/Jupiter/Vénus souligne une conception esthétique, sensuelle et gratifiante de l’existence : il faut aimer, briller, jouir de la vie et de ses richesses et cela dans un cadre philosophique réfléchi et structuré. Eclairée par le Soleil, amplifiée par Jupiter et sensibilisée par Neptune, Vénus permet de plaire et de séduire tant par le charme et l’apparence, que par les talents artistiques et les vibrations dégagées. Exalté en Cancer, à 5° de la VI et au sextile de Saturne, Jupiter favorise les nombreuses opportunités, l’épanouissement et la réussite dans le monde du travail et la faculté de mêler inspiration et structuration. 

Mercure rétrograde et combuste, c’est-à-dire étroitement conjoint au Soleil, alors que les deux astres sont en opposition à Jupiter, brouille un peu ce tableau idyllique :  

Faisant facilement preuve de condescendance et d’arrogance, pris au piège de ses facilités, le moi amplifié s’éblouit et s’illusionne sur lui-même. L’ostentation, l’opportunisme et l’intérêt personnel corrompent le sens de la justice et l’idéalisme naturels au Sagittaire. Malgré la vaste culture et la brillance intellectuelle (Mercure opposé à Jupiter et trigone à Saturne), certaines situations sont mal appréciées. Un manque de clarté mentale due à l’orgueil et à la sensation d’être supérieurement intelligent, provoquent de mauvais jugements. On pense à l’Hubris (2) des anciens Grecs.

Le demi-carré d’Uranus au Soleil et à Mercure offre l’originalité, la brillance et la fulgurante des idées, mais le sens intuitif est irrégulier ou capricieux. Le moi est électrique, cassant et nerveux, pensant souvent être le seul à comprendre. Il critique tout ce qui ne se fait pas comme il l’entend, est autoritaire et pourtant allergique à l’autorité, d’autant qu’Uranus domine l’essentiel de la première maison (le moi). 

Le Pluton matérialiste

Pluton (les puissances financières), en maison VIII (l’argent des autres), conjoint à Rahu (la jouissance matérielle), représente le banquier d’affaires. Cet astre lent est vivement activé par ses aspects à la Lune (quinconce), à Mars (sextile), à Vénus (sextile) et à Saturne (demi-carré).

Sa conjonction à Rahu est particulièrement importante :  elle amplifie la quête de la jouissance matérielle et de la domination, évoque l’attachement à la matière et au pouvoir ainsi que  les anxiétés qui en résultent alors qu’en fin de compte l’insatisfaction reste vivace quelles que soient les réussites. Cet aspect dans la maison VIII (la mort), renvoie à sa soeur qui naquit mort-née : ce drame familial qui précéda sa naissance d’un an joue sans doute un rôle important dans la structure psychologique : « L’hérédité, un décès familial, parfois la disparition d’un frère ou d’une soeur avant la naissance, ou encore l’apparence physique sont souvent source de difficultés »(3)  

Son association à Vénus, déjà valorisée, évoque l’intensité des sensations plaisantes qui écartent la crainte de la mort. Le penchant à la domination use à loisir du charme et des sentiments, alors que l’habitude de plaire et de réussir nourrit indéfiniment l’estime de soi. L’enrichissement est favorisé, la vénalité assumée, ce qui contredit les orientations humanistes d’Uranus et du Soleil. 

Dans ce contexte sa relation tendue à Saturne souligne un sens moral (Saturne), pouvant être transgressé (Pluton), mais se heurtant à la rigidité mentale du Sagittaire et créant un conflit intérieur.

Le quinconce à la Lune souligne l’intensité des perceptions, des sensations et des pensées qui s’y rapportent. Le mental se montre facilement obsessionnel, calculateur en quête de gratifications.

Enfin, sa relation harmonieuse à Mars lui permet d’affronter activement ses adversaires (maison VII) ainsi que les craintes nées des tensions et des contradictions.


La Lune sous le Soleil et Pluton 

Sous ces différentes strates se tient une Lune exaltée en Taureau, propice à la prospérité, mais tourmentée par ses relations tendues à Mars, Pluton et Rahu, Uranus, Neptune et même Jupiter. Elle représente l’enfance, l’instinct de protection et la recherche de la sécurité, ainsi que les mémoires et les préoccupations mentales. 

Au parallèle d’un Saturne maître du comportement (l’AS), la Lune en III (la mentalité) évoque une enfance précocement sérieuse et assombrie par des insécurités, sans doute transmises par une mère (la Lune), profondément blessée par le décès de son premier enfant : Emmanuel est le second, l’ainé des vivants. 

Conséquemment, des mémoires figées alimentent la recherche de la sécurité, entre autres dans le cadre de la poursuite matérielle obsessionnelle (Lune quinconce à Pluton) et de l’union protectrice (Lune maîtresse du descendant), même s’il faut briser certaines règles (opposition Lune/Uranus) et parfois naviguer en eaux troubles (Lune quinconce à Neptune). 

Associée à Neptune et à Pluton dans la structure d’un YOD (4), dont elle occupe l’apex, la Lune marque le mental du poids du passé lié à la mère, à la mort (Pluton/Rahu) et à des rêves de fusion déçus (Neptune).  

Pendant l’enfance, la porosité psychique associée à la relation Lune/Neptune, imbibe l’esprit d’atmosphères chargées de non-dits et de dissimulations, de perceptions mystérieuses et de sensations d’injustice auxquelles le Sagittaire est particulièrement sensible. La sentimentalité et le romantisme, l’étrangeté, la confusion et parfois la tristesse couvent sous le mental d’un AS Capricorne qui contrôle et cache ses émotions. 

La souffrance mentale sous-jacente se nourrit d’une Vénus conjointe à Neptune, c’est-à-dire associant à l’amour, la souffrance, la crainte de ne pas être aimé, les dissimulations, les possibilités de mensonges et de trahisons affectives. Si la tendance à la fusion et à la communion est très présente, Vénus met l’ambition et la réussite au service d’un affectif qui désire être rassuré, alors que la nécessité du refuge (Lune demi-carré à Jupiter) et de la protection (Lune/Saturne), trouble secrètement l’image orgueilleuse du moi. 

L’opposition d’Uranus à la Lune souligne l’intelligence pénétrante, novatrice, synthétique, intuitive et originale des idées et des convictions, une tendance à observer l’envers des choses, une facilité à percevoir les motivations cachées des autres mais qui s’applique pourtant peu à soi-même. Aussi humanistes (Uranus) soient-elles, les idées peinent à être appliquées à cause de la corruption plutonienne, c’est-à-dire de la poursuite des intérêts personnels. Cette opposition dans l’axe Scorpion/Taureau souligne la sexualité précoce : plutôt qu’un presque quadragénaire marié à une femme de 24 ans son aînée, on doit voir un homme rompu très jeune aux jeux de la séduction, de l’amour et de la sensualité. 

La forte présence de Mars

Au carré d’Uranus comme de la Lune, Mars évoque la violence mentale dissimulée sous des dehors avenants et souriants (Vénus), imposés par le contrôle saturnien. Ce carré en T évoque également la radicalité de la pensée : en certaines circonstances Emmanuel Macron saurait imposer ses idées (Uranus) par la force (Mars)

Plus spécifiquement le carré Lune/Mars renvoie à certains traumatismes qui marquent l’enfance ou l’adolescence, une expérience violente peut-être mais gardée secrète dans les labyrinthes de la maison XII. Mars exprime des conflits inflammatoires envers sa famille, ses associés, son épouse et enfin de compte lui-même, ce qui nous ramène à la nature fondamentale du Sagittaire liée au jugement.

L’ensemble de ces complexités affectent le comportement car installé en Lion, dans la maison des adversaires (la VII), d’où il adresse des parallèles de déclinaison à l’AS, à Mercure et à Neptune, Mars est puissamment conflictuel : il décrit une personnalité hyper-cérébrale et violente, du moins mentalement (carré à la Lune), radicale et autoritaire (carré à Uranus), animée d’un désir de sauver le monde (trigone à Neptune) mais aussi de le dominer (sextile à Pluton). Le moi est dur, passablement brutal envers lui-même car peinant à s’aimer et prêt à en découdre (parallèle à l’AS). Considéré comme menaçant l’environnement doit être dominé par l’action et le combat (Mars), l’empathie et la manipulation des sentiments (Neptune), la ruse et l’éloquence (Mercure). 

Le comportement (l’AS et la maison I), se montre ainsi insaisissable, multiple et contradictoire car possédant de nombreux visages, à la fois saturnien (patient, obstiné, froid), uranien (humaniste, radical, autoritaire), mercurien (chanceux, superficiel), martien (conquérant, brutal et courageux) et neptunien (caméléon, sinueux, inspiré, s’illusionnant sur lui-même). 


Taillé pour le pouvoir

Emmanuel Macron est bien taillé pour le pouvoir : ses capacités sont nombreuses et ses ambitions insatiables. Mais marqué par Rahu, la satisfaction risque fort de lui échapper, quels que soient ses succès. 

L’orgueil, l’image illusoire de soi, les pensées obsessionnelles, le matérialisme, la quête de la sécurité éloignent la destinée de ses véritables idéaux liées à la XII (l’exploration des labyrinthes intérieurs), à la IX (l’expansion de la conscience) où culmine Uranus, l’éveilleur et à la VI (le service) pourtant marquée par un Jupiter propice ce qui rassure un peu. 

Il réussira peut-être, après avoir escaladé les sommets de la société, à se tourner vers des quêtes moins illusoires, mais il risque fort entre temps de se corrompre étant très vulnérable aux milieux qu’il fréquente et ne dédaignant pas lui-même, loin de là, les bienfaits matériels. Cette équation à résoudre concerne peut-être l’ensemble des politiciennes et des politiciens d’ailleurs : comment naviguer dans les sphères du pouvoir sans y perdre entièrement humanisme, idéalisme et vérité? 

Ses défis particuliers sont de s’atteler à comprendre les complexités marquées de sa Lune tourmentées (les craintes enracinées dans la mémoire), de Pluton (les obsessions mentales), de Rahu (l’insatisfaction), de Neptune (la sinuosité de la pensée) et de Mars (la violence), afin d’épanouir les promesses du Soleil (l’illumination des obscurités), de Saturne (la sérénité), de Jupiter (la justice et la compassion) et de Vénus (l’amour libéré de la souffrance et de la peur).  

Ses chances aux élections 

Ce sujet a été abordé dernièrement dans « Des promesses perturbées de Jupiter ». Il en ressort qu’Emmanuel Macron bénéficie de convergences favorables visibles d’ailleurs sur le thème de son épouse.

Son ascendant progresse en ce moment même sur son Ketu de naissance. Au mois de mai la Lune progressée se conjoint exactement à son Rahu natal (conjoint au descendant progressé donc), dont on a mesuré l’importance. Ce sont des signes d’une possible transformation majeure de la destinée. Attention, les noeuds lunaires déclenchent des compulsions (Ketu) et des cadeaux empoisonnés (Rahu). On regrette parfois d’obtenir ce que l’on désiré si fort. (5)

Bien entendu, comme toujours dans le cadre d’élections, la difficulté est de mesurer jusqu’où s’inscrit la réussite (6). Cependant, quoiqu’il advienne, il est maintenant nationalement et internationalement reconnu comme un personnage incontournable du paysage politique français. Vues sa jeunesse et les moeurs de la France, il pourrait le rester longtemps, ce qui n’est peut-être pas à lui souhaiter. 


(1) A 6°40 de la cuspide de la XII il est à considérer dans cette maison, surtout en domification Placide. Le thème de JL Mélanchon montre également un Soleil en XII 

(2) L’hubris, un sentiment violent inspiré par les passions et plus particulièrement par l'orgueil se traduit par démesure. Les Grecs lui opposaient la tempérance et la modération (des qualités saturniennes). 

(3) L’astrologie et la mécanique de la pensée (Les aspects des noeuds lunaires/Rahu conjoint à Pluton). Ce même jugement précise que  : « La soif d’expériences et de jouissances matérielles est favorisée, mais jamais étanchée et cause d’insatisfaction. Fréquentations nocives ou dangereuses, soif de réussir exigeante, goût du secret et de l’exercice de la domination, attachement à l’intensité du vécu. Amplification du pouvoir, des craintes et des obsessions. »

(4) Triangle isocèle à 60° de base et 150° de coté. 

(5) En mai 2012 François Hollande vécut un transit très précis de Rahu sur son DS. On sait ce qu’il en fut par la suite de ses relations sentimentales et de la qualité de vie de son quinquennat.

(6) Souvenons nous de John Kerry, dont le thème était en bien meilleure posture que celui de G.W. Bush mais qui perdit quand même les élections, tout en devenant mondialement célèbre en quelques mois …. 


CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.