dimanche, mars 12, 2017

Pleine Lune en Vierge et mise en ordre


C’est aujourd’hui la pleine Lune en Vierge, un signe lié à l’ordre et à la guérison. Si toute maladie est un désordre, cosmos signifie monde ordonné. Ainsi l’essentiel de la pratique astrologique consiste à remettre en ordre ce qui est désordonné. Nul besoin d’effort pour réaliser que le désordre règne en maître : la destruction de l’environnement, la violence, la compétition permanente, l’indifférence généralisée sont des conséquences de ce désordre. Et bien entendu, chercher à imposer « l’ordre » à partir d’une religion, d’une idéologie politique, philosophique ou religieuse ne fait qu’accentuer le désordre… Voici un extrait de « L’astrologie et la mécanique de la pensée » qui traite de la mise en ordre de l’esprit dans le cadre de l’interprétation astrologique, car ce n’est qu’en nous ordonnant nous-mêmes que nous soignerons le monde.  


LA MISE EN ORDRE

Si nos existences ne sont pas menées telles qu’elles le devraient, c’est-à- dire serrant au plus près le sentier céleste inscrit au cœur de nos thèmes, les risques d’être la proie de désordres psychologiques, affectifs et peut-être physiques s’accroissent d’autant, parce que nos tendances, nos talents et nos aspirations fondamentales ne sont pas respectés. 

Mercure 

Si l’on considère que la maladie, soit-elle du corps, du cœur ou de l’esprit est synonyme de désordre, Mercure (1) est  indissociable de la thérapeutique et de la guérison, c’est-à-dire de la remise  en ordre (2). Ce principe mercurien est essentiel à appliquer, car c’est ainsi que l’interprétation soigne et éventuellement guérit. 

Pour laisser s’exprimer les forces vives du thème, c’est-à-dire déployer celui-ci de la façon la plus intelligente possible, la nature de l’ordre dont il est question est à comprendre. Synonyme de clarté, d’harmonie et de sagacité, il s’apparente à l’absence de tourment, à l’apaisement d’un mental vaste et efficace puisque libre et décontracté. Le désir ou la volonté n’ont pas le pouvoir de l’imposer, car il n’est pas une structure rigide ou conformiste inspirée d’un schéma ou d’un système de pensée. De même, les idéologies politiques, philosophiques ou religieuses ne peuvent l’engendrer. Il n’est pas une réaction à la peur, c’est-à-dire une quête de la sécurité, mais il s’établit naturellement, de façon non conflictuelle. Manifestation vitale de l’univers, il éclôt seul, du ventre même de l’intelligence. 

Mercure et Uranus 

Puisqu’on ne peut l’imposer, la seule façon de le convier passe par une perception uranienne, intuitive et directe du désordre. A l’instant même, parfois fugitif, où celui-ci est visualisé dans sa globalité, l’ordre transparaît. L’interprétation agit exactement de cette façon, la révélation minutieuse et empathique des désordres de la pensée et des émotions provoque une vision lumineuse et sagace de l’esprit. Le chaos apparent se dissipe et le potentiel réel, les obstacles qui nous en séparent et le cheminement à parcourir sont soudainement aperçus, non comme un désir à réaliser mais comme un sentier naturel à emprunter. Allié à Mercure, Uranus brûle la crasse des habitudes et des accumulations mentales, en provoquant une soudaine capacité à s'examiner sans jugement, justification ou comparaison, mais avec intensité, discernement et sympathie. 

Cette vision magnifiée de soi révèle et libère des énergies jusqu’alors immobilisées en divers endroits du cœur et de l’esprit. Symbolisés par les aspects négatifs, ces nœuds psychologiques et émotifs empêchent le flot de la vie de s’écouler largement et généreusement. Il est du ressort de l’interprétation de les dénouer, afin que l’esprit clarifié ait accès à ses couches profondes. 

Mercure et Jupiter 

Face à la VI (la santé) se  déploie la XII (3), la maison des épreuves et face à Mercure trône Jupiter. Mercure est le guérisseur et Jupiter le protecteur qui nous assiste face aux significations pénibles de la XII, y compris la plus éloquente d’entre elles qui est le mal que l’on s’inflige à soi-même. 

La thérapie lui appartient aussi car il figure l’enseignant et le philosophe. Associé à l’expansion de l’esprit et du cœur, le roi du ciel est lié à l’ordre cosmique, celui-là même que Mercure permet d’appréhender. Idéalement Mercure préside au dépoussiérage de la plaque de verre qu’est notre conscience. Celui-ci effectué, le monde de Jupiter se révèle. La philosophie, la maison IX (4) et la compréhension de ce qui est caché, la défaite de l’ignorance, la maison XII, fleurissent éventuellement. Le sentier d’épanouissement devient visible.(….)  

Mercure aide au détachement et à l’efficacité, alors que Jupiter participe à l’inspiration et à l’émotion empathique. Les attributs mercuriens que sont la méthode, le sens pratique et le discernement s’allient aux concepts philosophiques et à la bienveillance inhérents à la nature de Jupiter. L’alliance du comment penser mercurien et de l’expansion de la pensée jupitérienne ouvre la porte à l’ordre, à la compassion et à l’apaisement des souffrances. 

La plupart du temps cependant, affaiblis par d’autres éléments du thème que l’interprétation doit révéler, ni l’un ni l’autre n’agissent conformément à leurs sens profonds. Illisibles ou incompris, les signes (Mercure) du ciel (Jupiter) peinent à se manifester. Les opportunités ne sont pas saisies, les leçons mal apprises et les mêmes épreuves répétées. La comparaison, la superficialité, le jugement et la rigidité participent au désordre et à la guerre intérieure que l’astrologue doit braver, clarifier et neutraliser. Mercure et Jupiter éclairent les intentions d’un univers que l’on a dit ne pas être indifférent. 

Mercure est le messager des dieux et tout spécialement de leur roi. Si Jupiter favorise l’opportunité, la facilité et la sérendipité, encore faut-il faire preuve de présence d’esprit et d’attention mercuriennes pour en profiter. 

La maison XII et le voyage intérieur 

L’ordre se cherche très loin au fond de soi, dans la mystérieuse maison XII qui au-delà des adversités, s’associe à l’exploration des labyrinthes intérieurs, à l’inconscient et à la purification des émotions. Elle privilégie l’occultisme, dont l’astrologie est l’expression la plus aboutie, c’est-à-dire la compréhension des forces et des mécanismes cachés qui influencent la destinée. 

On y lit les grands périls ainsi que les processus facilitant leurs résolutions. En ce sens l’interprétation d’un thème agit comme un Soleil en XII, c’est-à-dire une lumière éblouissante projetée dans les ténèbres de l’ignorance, qui incinère les démons du moi, qui nettoie les opacité de la conscience et qui guérit. 

Cette symbolique du Soleil en XII aborde à nouveau la quête du héros solaire. Rappelons-nous que cette maison n’est pas virtuelle, elle s’associe tangiblement aux épreuves (souffrances, longues maladies, accidents, emprisonnement), ce que l’expérience astrologique prouve amplement. Celle-ci démontre aussi combien l’exercice de l’intelligence aide à apaiser et parfois à guérir la souffrance qui lui est associée. Elle enseigne que victimes de la peur, des conditionnements, de mauvais choix, du manque d’estime de soi et ainsi de suite, nous jouons contre notre camp. (…) 

Elle enseigne en fin de compte que le mal que l’on s’inflige à soi-même commence dès que l’on s’écarte de notre chemin céleste. (….)

L'astrologie et la mécanique de la pensée (chap.10 La mise en ordre). 


(1) Planète de l’ordre, Mercure gouverne la Vierge analogique à la maison VI, relative à la santé. Il y déploie ses talents de « guérisseur ». Associée à la collecte et à l’échange des informations, sa maîtrise des Gémeaux participe à cette fonction sans y être centrale. 

(2) Aux Côtés d’Hermès le Grec, de Nabû le Mésopotamien ou de Thot l’Égyptien, figures mythologiques mercuriennes du savoir et de l’écriture, on trouve Ganesh le scribe hindou à tête d’éléphant, dont on dit « qu’il écarte les obstacles » : sans doute n’y en a-t-il pas de pires que les désordres du corps, du cœur ou de l’esprit. 

(3) Analogique aux Poissons, signe de Jupiter, où se trouve le Soleil lors de la pleine Lune en Vierge

(4) Analogique au Sagittaire, l’autre signe de Jupiter 



CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.