jeudi, décembre 24, 2015

Noël ou la fête du héros solaire


« Kabîr dit : la Lumière a brillé dans mon esprit,
quand j'ai reconnu le Soleil à son lever ! »  

Il a plusieurs fois été question de Noël, indissociable du solstice d’hiver, sur ce blog (1). Bien avant l’ère chrétienne, cette fête solaire était célébrée par de nombreuses civilisations. Le soleil s’en retourne vers le nord et met fin à cette époque sombre que les Hindous, natifs il est vrai de l’hémisphère nord, appellent la nuit des Dieux. La journée des Dieux commence alors, période propice aux « pèlerins d’orient » selon l’expression de Hermann Hesse, qui désignait par là celles et ceux dont la vie est un voyage en quête de compréhension et d'illumination.

Ainsi, qu’il s’agisse de Jésus, d’Horus le faucon solaire, de Mithra (le Soleil invaincu), ou d’autres divinités « nées » à cette époque particulière de l’année, c’est de la fête de la renaissance du Soleil, le principe de lumière qui illumine l’univers, dont il s’agit. Au-delà des croyances naïves, du romantisme des dieux anciens, des prophètes et autres avatars, ces célébrations s’adressent d’abord à l’être humain dont le Soleil symbolise le coeur, là où « siège » la divinité. Il s’agit de fêter ce qu’il y a de meilleur en lui, c’est-à-dire le héros solaire, appelé de toute éternité à explorer et conquérir les secrets de la vie et de la conscience, plutôt que de mener une existence terne et étroite, soumise à la crainte et à l’ignorance.

L’émergence du héros solaire  

Si l’astrologie est capable de mener à bien l’exploration détaillée des multiples tendances, orientations fondamentales, talents ou défauts de la personnalité avec une précision insoupçonnée des profanes, si elle sait délimiter les périodes fastes et moins fastes que nous traversons, si elle nous apporte sans cesse de l’aide par d’essentielles leçons de vie, sa fonction centrale est de favoriser l’émergence du héros solaire chez l’individu, soit-il homme ou femme, c’est-à-dire de lui permettre d’emprunter la voie céleste personnelle, unique,  inscrite dans son thème. 

Le héros solaire, qui personnifie l’idéal de tout être humain, a bien entendu besoin de la Lune (la mère), de Jupiter (le protecteur), de Mars (la force) et ainsi de suite pour tous les astres, mais il est avant tout enchâssé dans l’astre qui règne sans partage sur la vie : le Soleil. 

On oublie parfois les significations profondes de l’astre-roi, peut-être trop attaché au signe zodiacal de naissance. L’on est Bélier, Gémeaux ou Capricorne parce que le Soleil transite ces signes à la naissance, mais celui-ci signifie bien plus que cela : 

« Le Soleil est l’éclat d’étoile, le feu, la parcelle de lumière et d’éternité enchâssée à l’intérieur de notre poitrine, qui oriente et entraîne vers l’accomplissement de soi : qu’est-ce que cela signifie ? Que l’être humain ne se contente pas de pain. Dès que les conditions socio-économiques le permettent il cherche à se réaliser, à vivre ses rêves, à atteindre un idéal qui lui est propre. Il aspire à profiter de la vie, à disperser les ténèbres de l’ignorance et de la peur, à se perpétuer et à toucher à sa façon l’immortalité. (…) Sa lumière personnifie une éventuelle finalité de la vie et de l’univers, ou encore une cause transcendantale à leurs manifestations ». (2)  

A observer l’état catastrophique de notre Terre, à la lumière ou plutôt à l’ombre des comportements absurdes et tragiques qui détruisent le monde de la nature, des animaux et des êtres humains, quand les nations et les individus qui les composent se déchirent dans la poursuite du chacun pour soi, il est sans doute bon, alors que des milliards d’individus fêtent la Noël et donc le Soleil sans même le savoir, d’exalter les qualités principales associées à cet astre :  la droiture, la noblesse du coeur, la loyauté, l’idéalisme et la générosité. Ce sont là des lumières intérieures capables de disperser les ténèbres qui règnent sur nos esprits et qui donc, forcément, assombrissent le monde.

« Nous sommes toutes et tous des héros solaires plus ou moins déchus. La lumière, la liberté, l’intelligence et l’amour sont les objets de notre quête mais nous peinons à les atteindre et nous abandonnons, la plupart du temps à cause des circonstances adverses collectives ou personnelles, des obstacles, de la malchance, de la peur et des multiples pièges de la vie. Trahissant alors nos idéaux, nous cherchons leurs reflets tronqués dans les jouissances matérielles, le succès et la domination, chacun à sa façon et selon ses moyens. Un Soleil épanoui, fidèle à sa nature parcourt sans crainte le sentier céleste dont on a parlé, ce chemin qui traverse le thème et mène à la réalisation de soi ». (3)

Joyeux Noël !!



(3) Ibid.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.