dimanche, décembre 22, 2013

Noël et le Soleil intérieur

Déjà oubliée la fin du monde du solstice de décembre 2012, passée à la trappe de l’histoire des prédictions médiatiques absurdes, rejoignant celle de l’éclipse de 1999 et attendant celles qui suivront immanquablement. La quête du sensationnel n’a pas de fin surtout quand l’existence manque de piment.  Au lieu d’une catastrophe cosmique 2013 nous a offert la photographie de notre Terre vue de Saturne, perdue dans les immensités cosmiques, symbole entre autres merveilles de l’unité humaine ainsi que de nombreux commentateurs s’extasièrent : nous sommes tous là. Et dire que nationalistes et racistes ne cessent de se multiplier !

Le solstice d’hiver eut lieu hier, Noël arrive dans trois jours suivi une semaine plus tard par le nouvel an 2014 qui ainsi que nous l’expliquions dans Mars en Balance part I montre de remarquables caractéristiques astrologiques. 

Tout cela nous ramène à une seule fête, universelle, présente entre autres chez les Perses, les Romains, les Grecs, les Hindous (1) et bien entendu les Chrétiens : c’est celle du Soleil invaincu (Sol invictus), du principe de lumière qui illumine l’univers. C’est la célébration de la droiture, de la noblesse et de la loyauté, de l’idéalisme et de la générosité, de la force capable d’éloigner les ténèbres, tant celles de la nuit terrestre et des espaces intersidéraux que celles peut-être plus sombres, plus complexes et plus substantielles qui règnent dans nos esprits.

Ainsi se pose en cette période de l’année une question  fondamentale, qui risque d’être de plus en plus d’actualité dans les temps à venir, à savoir le Soleil que nous célébrons est-il vraiment invaincu? Si dans les mythes de Rama (descendant du Soleil), d’Horus, de Mithra et de tous les autres héros solaires ceux-ci finissent par triompher des forces obscures, n’a-t-on pas l’impression qu’il n’en est plus de même dans nos existences présentes?

La violence, la misère sous tous ses aspects, la brutalité et la destruction systématique de la planète ne progressent-elles pas chaque jour un peu plus? les intérêts personnels, l’égoïsme, le matérialisme ne règnent-ils pas en maître ?

Certes nombreux sont ceux qui luttent par l’unique outil à leur disposition : l’intelligence de l’esprit et du cœur, mais on a parfois l’impression qu’il ne sont qu’une goutte d’eau face à l’océan des « démons ».

Nous avons récemment assisté à l’émouvant rituel funéraire de Nelson Mandela, un authentique héros solaire, sorti des entrailles sombres et tourmentées d’une Lune en Scorpion qu’il a su transmuter après 27 années de prison. Mais victime des pressions chinoises, le Dalaï-lama, un de ses amis personnels, ne put s’y rendre. Il faillit en être de même pour Desmond Tutu autre personnage dérangeant. Les valeurs solaires cèdent ainsi le pas à la crainte et aux intérêts économiques et politiques. 

Ésotériquement, à un niveau tout à fait insoupçonné, le Soleil représente le coeur de l’être humain. Ces célébrations dont nous parlons, au-delà des croyances naïves et de la foi, du romantisme des dieux anciens, des prophètes et autres avatars, s’adressent d’abord et surtout à lui. Il s’agit fêter l’homme dans toute sa splendeur et son éternité. Il s’agit d’un rappel annuel, d’une actualisation du secret immense qui entoure nos êtres, nos existences, notre substance et notre destinée cosmique.

Comme c’est étrange. Au plus la race humaine semble sophistiquée dans ses réalisations technologiques, au moins elle reste en contact avec les couches profondes de son esprit. Au plus elle se complaît dans le matérialisme, c’est-à-dire dans la fuite et la négation de la mort qui l’effraie encore plus qu’avant. Poursuivis par la peur nous fuyons avec ruse et aveuglement, enfermés dans nos intellects surdimensionnés, captifs de la surface agitée de nos esprits, incapables d’en sonder les immenses profondeurs.

Les cieux sont donc actuellement très chargés. On a rarement vu de telles configurations, surtout celle du nouvel an il est vrai (cf. Mars en Balance Part 1). Au cœur de la tourmente, le Soleil est attaqué par Mars (la violence et la brutalité du désir), par Pluton (le matérialisme et l’obsession) et par Uranus (l’autoritarisme et la radicalité mentale). Même Jupiter s’en mêle (le goût du faste et le gaspillage).

Dans nombres d’anciens mythes, toujours eux, on comprend que le Soleil doit être soutenu par l’humanité. Lorsque Apophis le menace dans sa traversée des eaux sombres de la nuit. De même, les Incas craignaient chaque soir que le Soleil ne réapparaissent plus. Et les Hindous prient de toutes leurs forces lorsque le démon Rahu l’avale au cours des éclipses. Pour les forces obscures, chaotiques, il s’agit à chaque fois de mettre fin à la création.

Pour la plupart d’entre nous, il s’agit de contes superstitieux et de rituels vides de sens. C’est une erreur, le combat a bien lieu chaque jour. L’humanité il est vrai se fait facilement piéger par les histoires qu’elle se raconte parce qu’elles ne sont pas comprises. Il y eut ainsi de cruels débordements puisqu’on offrit des sacrifices de sang à ce même Soleil pour lui venir en aide! On oublia, on a oublié, que c’est du cœur humain dont il est question. Que c’est de la lumière du moi dont nous parlons. Que nos efforts doivent tendre vers l’idéalisme, la générosité et la noblesse, car sinon nous risquons de perdre notre soleil intérieur, nous risquons bien d’être vaincus et alors, quoiqu’il arrive, la joie désertera le monde et qui sait peut-être la vie s’en ira-t-elle avec elle.

Pour vaincre, l’astrologie (en sanscrit Jyotish c’est-à-dire lumière divine) offre les solutions :
- Mars le guerrier est à transformer en serviteur par le biais de l’esprit chevaleresque.
- Bien employé Pluton l’obscur apporte la libération des obsessions et des traumatismes, sans transformer pour cela nos corps, nos esprits et nos sociétés en champs de bataille.
- Uranus brille telle l’intelligence pure lorsqu’on ne cherche plus à influencer le monde sans d’abord se retourner sur soi-même et comprendre tous les mécanismes du moi.
- Jupiter favorise et protège lorsqu’il exprime sa vraie nature associée au sens de la justice et à la compassion. 

Ainsi, la croix cardinale, qui au nouvel an cristallise toutes ses énergies sur le Soleil pour l’occasion en pleine hiérogamie (symbolique d’une possible fusion du mental et du cœur) peut être le signe flamboyant du changement de l’être humain. D’une révolution de l’intelligence. Cela ne dépend que de nous-mêmes.

Voilà ce dont il faut se souvenir alors que nous célébrons les fêtes du soleil invaincu : battons-nous à ses cotés, faisons de notre mieux pour qu’il le soit.

Pour terminer deux citations, l’une dédiée à la victoire et l’autre à la défaite, qui illustrent des vérités bien plus réelles qu’on ne le pense.
« Dans la caverne où fleurit le lotus du cœur se disperse l'ignorance aveuglante
Et jaillit la pousse de la connaissance pure.
C'est elle qui, même chez les ignorants, peut donner la liberté.
 »
Kshemaraja.

« Privés de soleil en vérité sont les mondes, recouverts qu’ils sont d’aveugles ténèbres, où errent après leur mort ces êtres dénués de paix qui assassinent leurs âmes ».
Isha Upanishad


(1) Voir Tropical ou sidéral . Dû au Zodiaque sidéral les Hindous fêtent  la remontée du Soleil vers le nord, extrêmement importante pour le cheminement des âmes, le 14 janvier (makar sankranti),  3 semaines après son commencement réel ce qui pose un véritable problème puisque la date des rituels ne correspond plus à ce qu’elle célèbre.


CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.