lundi, février 17, 2014

Astrométéo spécial Mercure, Saturne et la pensée

Les tensions Mercure/Saturne, comme celle que nous traversons actuellement, active du 13 février au 17 mars, avec un Mercure rétrograde en Verseau au carré de Saturne en Scorpion, font partie de ces figures pénibles, aux conséquences tangibles, c’est-à-dire mesurables au quotidien si l’on sait où regarder et parfois très négatives. L’humanité entière est touchée, même si bien entendu, les « effets » sont plus néfastes pour celles et ceux dont les thèmes personnels en sont d’une façon ou d’une autre soulignés. L’astrologie permet, par la compréhension de ses mécanismes, de désamorcer tant que faire se peut les retombées négatives de cette configuration, voire même de l’utiliser à bon escient dans la quête constante de la connaissance de soi.

Les approches sont multiples:

- Ce carré signifie avant tout une mauvaise orientation de la pensée, c’est-à-dire du soliloque intérieur qui emprunte des sentiers difficiles, secs et rocailleux, parsemés de contractions, d’anxiétés, de soupçons et d’incertitudes, imbibés d’une certaine dureté, au point que l’on en vient parfois à se dire c’est étrange, je ne pense pas comme ça d’habitude.
La première chose à faire est de surveiller le flot de la pensée. Mercure représente la structure du mental, l’ordre et le discernement et Saturne en quadrature trouble et menace ces fonctionnements indispensables à une existence sereine.
Surveiller ne signifie surtout pas juger, condamner ou supprimer ce qui est perçu, mais plutôt examiner, observer, comprendre et parfois, quand cela s’avère possible, remonter aux racines mêmes des pensées : comprendre leurs causes et origines, leurs enchaînements et leurs emboîtements.

- En certaines circonstances, la chance (Mercure) fera défaut, ou des opportunités seront manquées sans que l’on puisse pourtant accuser des circonstances adverses. Car le principal problème est là : on pense mal et l’on se met soi-même des bâtons dans les roues par inattention, manque de concentration, distraction, durcissement de la volonté, raisonnements insuffisamment poussés et ainsi de suite.

- En conséquence, les risques de  mauvaises décisions ou de mauvais choix sont extrêmement accrus. C’est ce qui rend cet aspect tangiblement dangereux, car parfois les impacts de ces choix se font sentir des années durant.
On comprend que la solution, c’est-à-dire la guérison de cet aspect, ce qui est valable pour ceux qui l’ont au natal, passe non seulement par un travail sur l’attention, mais aussi par la capacité à examiner les motivations profondes, les mobiles et les désirs secrets qui président à nombre de nos actions. Le problème est que le mental se leurre facilement : on croit avoir réfléchi sérieusement alors que l’on a occulté la moitié des éléments à disposition. Plus que jamais on doit comprendre qu’un esprit vraiment clair n’a pas le choix, il sait exactement ce qu’il doit faire, sans tergiverser. Ou pour le dire autrement, la limpidité permet à l’audace, à la passion et à l’amour de prendre le pas sur la quête de la sécurité, la frilosité et les craintes de toute sortes.

- On ne peut cependant sous-estimer les difficultés originaires de l’extérieur, des autres, des rouages de la société : les risques d’informations erronées ou de transmissions défectueuses, par le biais de paroles, de courriers, de mails, de toutes les formes de messages sont également accrus. Il est important de surveiller ses sources, de ne pas accepter pour argent comptant (encore moins que d’habitude) ce que les médias ou instituts de sondages racontent. Rien ne doit écarter ou remplacer la réflexion profonde. Pour ceux qui font métier d’écriture, l’inspiration est instable et parfois bloquée. C’est le moment de revoir les plans, les structures en attendant que les mots coulent gentiment à nouveau. Journalistes et communicants de toutes sortes sont bien sûr sur la sellette, de par les informations qu’ils distillent et qui peuvent être biaisées ou incomplètes et tromper de nombreuses personnes. Les politiciens quand eux sont encore plus que de coutume aptes à s’éloigner de la vérité et de l’authenticité, dans le but d’assouvir leurs ambitions personnelles. Réjouissons-nous que les municipales françaises aient lieu après la dissolution de ce carré même si la campagne électorale lui est totalement soumise.

- De façon plus pratique, les embouteillages, les opérations escargots, les routes bloquées par les intempéries, les retards et difficultés en relation avec le temps sous son aspect de durée se multiplient. Il faut faire de son mieux même si l’on ne peut échapper à tout car nous sommes tous liés au collectif. Il faut prévoir, préférer arriver en avance plutôt que de risquer le retard, s’attendre à des difficultés si l’on doit voyager. Là aussi, on se rend compte que nombre de désagréments naissent de n’avoir pas su observer clairement les situations, ou tout simplement lire les signes avant-coureurs. Une affliction Mercure/Saturne fait trop souvent jouer contre son propre camp.

- C’est au quotidien, dans la vie de chacun que tout se passe principalement. Il faut ici, selon la situation personnelle dans laquelle on se trouve faire preuve de tact, d’intelligence, de compréhension. Savoir retarder certaines échéances. Ça n’est pas forcément le moment par exemple de demander une augmentation ou de briguer un poste plus élevé. Les intentions risquent d’être mal traduites. On risque également de se mentir à soi-même (toujours le problème des motivations profondes)

- Et enfin il y a la sphère de l’intime, du couple, de la famille qui est en première ligne, puisque c’est là que nous perdons patience le plus facilement, que les dialogues sont les plus aptes à dégénérer, que la méchanceté (Mercure/Saturne en certains cas) peut se faire jour. Lorsqu’elles se font conflictuelles, les discussions Mercure/Saturne ont en commun d’exprimer une forte incompréhension des deux cotés, presque comme si l’on parlait des langues différentes. Selon les caractères on s’énerve, on crie (si Mars s’en mêle), sinon l’on fait preuve de ruse, de rouerie et de mauvaise foi, on se fait acide, méchant, amer, on se durcit, on accable de reproches. Tout se passe comme si l’on ne laissait pas l’intelligence s’exprimer, même si l’on fait des efforts en ce sens. Comme si le langage nous échappait, que les mots perdaient de leurs précisions ou n’arrivaient jamais à exprimer exactement le fond de notre pensée. C’est celle-ci qui est en cause justement : souvent, derrière les mots (Mercure) se cachent des intentions profondes pas forcément en accord avec ce qui est exprimé.

- C’est donc dans ce cadre Mercure/Saturne, jusqu’au 17 mars, que nous devons lire, interpréter, vivre tous les autres aspects planétaires. Ça n’est pas facile puisque l’un des instruments de l’intelligence (Mercure) est comme corrompu. Ainsi, dans le cadre de la situation actuelle, que l’on sait tendue, puisque nous sommes entre les deux croix cardinales de janvier et d’avril/mai, cette quadrature Mercure/Saturne tombe mal à cause du désordre de la pensée qu’elle instaure. Le carré en T Jupiter/Pluton/Uranus risque de faire gros dégâts, car la réflexion n’est pas à la hauteur du défi. Les choix qui seront faits ces prochaines semaines auront de puissantes répercussions lors de la seconde croix cardinale qui impliquera Mars à nouveau, avec les dangers que cet astre violent ne manque jamais d’apporter. Idéalement, nous devrions sans doute nous servir de ces énergies pour régénérer (Pluton), innover (Uranus), nourrir la justice et la compassion (Jupiter), mais les intérêts personnels (Pluton), le fanatisme (Uranus) et les puissances de l’argent (Jupiter/Pluton) sont plus à même de l’emporter.

S’il y a une solution, elle appartient à chacun d’entre nous. Toutes les consciences sont liées. Malgré les perturbations Mercure/Saturne, ou grâce à elles, car si on les délimite et on les comprend elles apportent une forme d’éveil, il est possible de penser justement, correctement. Chaque personne, chaque individu possède ce pouvoir capable de changer le monde. Il s’agit avant tout de favoriser l’éveil de l’intelligence en observant les mobiles secrets, les illusions, les conditionnements, les mensonges et les craintes qui décident de nos orientations. Il s’agit de faciliter l’action juste  en évitant les discussions stériles, les dialogues de sourds, les pièges du durcissement mental, l’incompréhension et la mauvaise foi, de favoriser ainsi la communication authentique et de participer à un allégement de la conscience collective. Il s’agit en définitive de rétablir  l’ordre (Mercure), au cœur d’une pensée personnelle et collective en plein désordre. Ce que nous vivons mondialement n’est que la projection de cette conscience et en ce sens nous avons le pouvoir de changer la vie, chacun d’entre nous, dans le secret de nos esprits.



CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.