samedi, décembre 13, 2014

Saturne en Sagittaire, mode d’emploi 2015


Et voilà, ce 23 décembre, mis à part un court retour de Saturne dans le Scorpion l’été prochain (du 15 juin au 18 septembre), cet astre redouté de tous malgré sa récente dé-diabolisation s’installe dans le Sagittaire jusqu’au 21 décembre 2017.
 
Saturne et le Sagittaire

Afin de saisir à quoi s’attendre, collectivement et individuellement, quelques mots à propos du Sagittaire semblent nécessaires : signe double et même bi-corporel, associé à la justice, à l’exploration et au feu philosophique, le symbole du Centaure lui correspond parfaitement dans le sens où il est profondément humain et idéaliste, visant l’infini de sa flèche, mais aussi animal au dessous de la ceinture. Ainsi, partagé entre ses pulsions et ses idéaux, partisan de la droiture et détestant l’injustice, quoique tolérant, cosmopolite et voyageur, le Sagittaire est souvent en conflit avec lui-même, dans le sens où il se mesure à l’aune d’un idéal difficile à atteindre car l’esprit doit composer avec la force brutale des instincts et des passions. Le démon du jugement, qu’il s’applique à lui-même et aux autres le tourmente. Sa quête vise à l’harmonie du corps et de l’esprit, ce dernier devant accepter les pulsions qui animent la partie animale de son être sans laquelle ses aspirations spirituelles ne peuvent se réaliser.

Les caractéristiques négatives majeures du transit de Saturne en Sagittaire sont donc liées à une conscience contractée et rétrécie par le jugement et la rigidité mentale.

Les caractéristiques positives ne sont pas absentes pour autant. Saturne ou la force mentale, inspire la tempérance, la patience, la détermination et la persévérance, qualités indispensables à la réalisation de soi, alors que le Sagittaire arbore distinctement les couleurs de l’aventure philosophique et spirituelle. Le tout est de ne pas s’empêtrer dans les pièges de la pensée et des conditionnements. Difficile en écrivant ces lignes de ne pas penser aux Jihadistes par exemple, poussés à perpétrer des crimes abominables au nom de la justice et de la religion, deux notions associées au Sagittaire. Il est à craindre une aggravation de cet état d’esprit, spécialement dans le cadre du carré de Saturne à Neptune dont nous parlerons la prochaine fois (1). La véritable sagesse saturnienne risque fort d’être battue en brèche par des ersatz de spiritualité fondés sur des croyances étroites et sécuritaires, l’intolérance, la crainte et bien entendu la bêtise pure et simple.

On pourra certes compter sur Uranus se battant du coté de l’intelligence, mais Saturne ne sera pas à son trigone avant les derniers jours de 2015 et en attendant son carré à Pluton l’assombrit fortement, le matérialisme s’installant en maître incontesté, sans compter un fort retour du fanatisme, la plus négative des expressions uraniennes.

Le carré Jupiter/Saturne et l’intermède Scorpion

La rétrogradation de Saturne en Scorpion pendant les mois d’été est presque entièrement marquée par le premier carré de Jupiter, actif du 7 juillet au 4 septembre 2015 (2), alors que cet astre encore en Lion entre ensuite dans la Vierge (le 11 août) pour une année.
Jupiter étant le maître du Sagittaire, cet aspect résonne de façon similaire que le transit de Saturne en ce signe, mais de façon plus précise, plus concrète. Il gêne la réalisation des projets et des ambitions, par le manque de structure et de confiance en soi. Des obstacles de temps, de moyens et d’opportunités se font sentir dans de nombreux domaines alors que les règlements, les codes moraux et la discipline s’opposent à l’expansion mentale et corrompent les préoccupations philosophiques. On s’attache à la forme plutôt qu’au fond. C’est pourtant l’occasion de comprendre et s’appliquer une loi occulte qui stipule que Jupiter favorise au mieux lorsque l’on obéit à Saturne. En d’autres termes Jupiter offre les opportunités, la sérendipité et des synchronicités propices lorsque les lois de Saturne associées au sérieux, à la profondeur, à la discipline intelligente et à la tempérance sont respectées. De cette façon l’ordre cosmique (Jupiter) est plus à même de façonner nos vies, alors que les structures mentales et matérielles (Saturne) adoucissent la voie.

L’INDIVIDU ET LA COLLECTIVITÉ

Le transit de Saturne en Sagittaire concerne l’humanité toute entière, car les situations zodiacales et les aspects entre les astres décrivent précisément les tendances psychologiques et les humeurs mentales responsables des actes et des décisions des faibles comme des puissants, c’est-à-dire de 7 milliards de consciences qui donnent forme aux circonstances favorables ou adverses. C’est une réalité à considérer en ce qu’elle met chacun face à ses responsabilités, chaque individu aussi socialement insignifiant soit-il ayant son importance, car le monde et nos consciences sont une seule et même chose. A nous de décider si le monde changera, ou s’il continuera à sombrer dans des ténèbres malheureusement de plus en plus épaisses.

Techniquement parlant celles et ceux dont le Soleil, la Lune et l’ascendant sont en Sagittaire sont en premières lignes. Tout au long de l’année 2015 le premier décan du signe (jusqu’à 10°) est concerné.
On n’oublie pas les carrés pour autant et ainsi les premiers décans Vierge, Gémeaux et Poissons sont de même façon tendue, dans le collimateur.
Dans certains cas, les premiers décans Cancer et Taureau au quinconce (à150°) du Sagittaire, ressentiront aussi la pression mais de façon moins marquée d’autant que l’orbe de cet aspect ne dépasse pas les 3°30. Cet aspect favorise une évolution.
Les signes au sextile ou au trigone du Sagittaire (Verseau, Bélier, Gémeaux, Lion et Balance) seront en harmonie avec Saturne, leur permettant de s’assagir et de bâtir.

On se rappelle que chaque thème est unique : il suffit par exemple d’avoir Mercure en début de signes mutables (Gémeaux, Vierge, Sagittaire et Poissons) pour expérimenter une année problématique. Tout astre (ainsi que l’AS) placé en « zone difficile » est à surveiller dans ses significations. Rien n’est inéluctable et beaucoup dépend de l’attitude intérieure :

Le Soleil

Affligée par Saturne notre étoile perd de sa brillance extérieure, ce qui ne signifie pas un affaiblissement de la lumière intérieure. Le contraire est même envisageable si l’on se dirige vers l’intelligence, la tolérance, la quête des idéaux et l’élargissement d’une conscience qui ne reste pas prisonnière de la crainte et d’une étroite recherche de la sécurité : le Sagittaire est lié à l’espace et à l’aventure, orientations que Saturne doit favoriser et non restreindre si possible. La justice doit être comprise et vécue comme le triomphe de la vérité, qui n’est pas l’obéissance à des codes, des règles et des lois. Penser par soi-même, sans s’enfermer dans une tradition est une démarche essentielle. La volonté de « devenir », c’est à dire de se projeter dans le futur menace de se renforcer : pour échapper à ce mouvement on doit écarter les murs de la prison du temps psychologique, c’est-à-dire investir la densité du présent, ce qui est une des meilleurs voies d’approche du Feu philosophique qu’est le Sagittaire. La conscience observe alors la pensée comme un chat observe une souris.

La Lune

Tourmentées par des injustices, des incompréhensions ou encore une sensation d’étroitesse et d’enfermement, peut-être de vieillissement, les préoccupations mentales tendent à s’enfermer dans le passé, se colorant de possibles remords ou regrets, d’anxiétés et de tristesses selon les circonstances personnelles. Le moi passe ses mémoires au crible de ses conditionnements, tournant en rond entre les parois de sa prison mentale. Toujours un peu incommodant, ce transit apporte des conséquences positives uniquement si l’on se plie au sérieux et à la tendance purificatrice de Saturne. La pensée qui sait s’observer sans chercher à se transformer échappe à la prison moralisatrice du passé. Elle se discipline non par des obéissances à des systèmes qui renforcent la rigidité, mais par la vigilance d’une observation soutenue par la force mentale (Saturne). De cette façon le contenu de la pensée (la Lune) se transforme de lui-même, le passé brûlant d’un feu purificateur qui ne laisse pas de braises. Accessoirement les multiples anxiétés, toujours présentes entre Saturne et la Lune, cessent de se manifester.

L’ascendant

Lorsque l’AS est affligé par Saturne, les comportements sont davantage soumis aux craintes et à la frilosité, alors que les relations entre les différentes parties du moi, dont le corps, s’assombrissent. Les relations sociales se rigidifient et la non-acceptation de ce que l’on est, spécialement de la nature animale pour ce qui est de l’AS Sagittaire, est encore plus marquée. Il y a cependant la possibilité toujours présente de se conduire en saturnien positif, c’est-à-dire forcément sérieux et discipliné, mais sans générer de conflit avec soi-même. L’attitude est alors sage, patiente, profonde, dépourvue de rigidité. Le travail consiste à comprendre la séparation entre le moi et la pensée, entre le moi qui se fait juge de ce qu’il pense, action qui détruit la paix intérieure et qui corrompt le relationnel. Au contraire, plonger au plus profond de soi rend le comportement riche et correct, car sous-tendu d’une profonde sérénité. L’esprit doit faire la paix avec le corps.

Mercure : les « mauvaises orientations » de la pensée menacent de mener aux mauvais choix et au durcissement. Possibles incertitudes et anxiétés. La comparaison, mère du jugement, est à observer étroitement. Apprendre à ne se comparer à rien ni personne est une bénédiction.

Vénus : les rêves et idéaux amoureux déçoivent surtout si l’on juge l’amour et l’être aimé à la lumière d’un idéal préfabriqué. Si l’on vit seul, rechercher l’union « intérieure » et la solitude de la nature est favorable. Ne pas entamer de relations sentimentales durables sous peine de souffrance à venir.

Mars : menaces de durcissements et parfois de violences physiques ou mentales. Le moi entre facilement en guerre contre lui-même. L’esprit s’oppose au corps et inversement. Certains actes irréfléchis sont amèrement regrettés par la suite, car capables d’emprisonner pour longtemps la pensée dans des jugements négatifs difficiles à éradiquer. Il est essentiel de servir, ce qui revient à cultiver la notion d’action juste.

Jupiter : une vraie tolérance dépourvue de jugement s’avère nécessaire afin que l’inspiration puisse élever l’esprit vers de véritables idéaux. La recherche de la reconnaissance sociale est à écarter par le sérieux de la réflexion. La probité est à respecter à tout prix. Cultiver la confiance en soi, quelles que soient les circonstances.

Saturne : comme l’astre sert de miroir à lui-même, on observe ses défauts et ses rugosités sans se juger bien entendu! On réalise peut-être comment la rigidité, la discipline conflictuelle et l’étroitesse de certains schémas mentaux influencent négativement la réflexion et l’on se corrige avec gentillesse. 

Uranus : les idéaux uraniens (liberté, aventure, vérité, humanisme) se heurtent à la recherche de la sécurité, provoquant un conflit intérieur. Comprendre que celle-ci n’existe pas est une des voies à explorer. Au mieux Saturne apporte la patience à cet astre avide de changer le monde mais oubliant de se changer lui-même.

Neptune : la souffrance de se sentir séparé du monde et de soi-même est renforcée. Le désir de dissolution (Neptune) se heurte à la cristallisation saturnienne. Les illusions déçues provoquent le pessimisme ou se réfugient dans l’identification à une cause. Plus que jamais l’union et la communion sont à chercher à l’intérieur de soi.

Pluton : des craintes profondes dues au conflit entre les morales conditionnées et les pulsions instinctives tourmentent le moi. Cet affrontement est à désamorcer par le biais de la réflexion et de l’intelligence, sous peine de voir la peur s’intensifier alors que c’est une opportunité d’en pénétrer la substance.

Rahu : confronté à Saturne le nœud lunaire nord cristallise l’attachement et l’insatisfaction. De possibles « cadeaux  empoisonnés » de la destinée provoquent colères et anxiétés par la peur de perdre ce que l’on a obtenu. La mécanique de l’attachement est à comprendre sous peine de ne jamais connaître la liberté.

Ketu : confronté à Saturne le nœud lunaire sud annonce des épreuves originaires de compulsions, de contractions mentales ou encore de secrets qui empoisonnent l’esprit et le cœur. La renonciation et le détachement rendent Ketu propice. 


(1) Cet important aspect associé à la souffrance (Neptune) d’être séparé (Saturne), à l’identification et à la perte des illusions, sera actif du 23 décembre 2014 au 29 avril 2015, puis du 15 octobre 2015 au 9 février 2016 et enfin du 25 mars 2016 au 8 novembre 2016. Calculées sur la base de 6° d’orbe ces dates sont  approximatives, la notion d’orbe devant être approchée avec souplesse.

(2) Le second étant programmé du 14 février au 2 juillet 2016 (calculé avec 6° d’orbe, même remarque que la note précédente)

CENTILOQUE


CLIQUEZ SUR LE LIEN
pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.