samedi, décembre 12, 2015

La France et la culture de l’affrontement


« A l'instar des hommes et des femmes qui les peuplent, les pays se définissent aussi astrologiquement, quoique les identités soient nettement plus floues par manque de thèmes de naissance véritables : les thèmes dressés au jour et à l'heure des déclarations d'indépendance, des ratifications de constitutions, des sécessions ou des révolutions, ne peuvent décrire le caractère profond, organique, d'une nation dont les racines multiples s'enfoncent dans les brumes mystérieuses du passé. »

Cette citation provient d’un article intitulé Identité nationale et identité astrale, dans lequel j’examinais la nature astrologique de la nation française, soulignant comment chez elle les caractéristiques du Lion (1) cohabitent et s’affrontent avec les valeurs du Verseau. La France qui appartient ainsi au Soleil (Lion) et à Uranus et Saturne (les deux maîtres du Verseau), traverse actuellement une grave crise politique, dont le symptôme majeur est la percée du Front national. Peux-t-on l’observer astrologiquement comme nous le ferions pour un individu, afin d’en mieux comprendre les rouages psychologiques et émotifs?

La culture de l’affrontement : l’axe Lion/verseau

Le Français est Lion, marqué par l’arrogance, l’orgueil, la générosité, l’individualisme, la créativité et une certaine noblesse. Il désire régner, quelle que soit sa sphère d’influence et prendre du bon temps. Il apprécie l’art, préfère le mécénat à l’assistanat. Il est dominateur et aime briller en société. Il croit aux filiations et aux traditions. Il génère des dirigeants paternalistes, rois, généraux ou présidents. Il est organiquement centralisé, le Soleil, maître du Lion siégeant à Paris, la « ville-lumière », le cœur de la nation. Ces orientations ont entre autres accouché (pour le meilleur et pour le pire) du monarchisme absolu, du bonapartisme, d’une certain mode de vie hédoniste et du « rayonnement » culturel de la France.

Le Français est Verseau,  marqué par l’originalité, la quête des connaissances, les « lumières », les révolutions, le goût de l’indépendance, l’autoritarisme et la brusquerie. Il prétend à l’universalité de sa culture. Il cultive un fond d’anarchisme mais les changements imposés des modes de vie ne l’effraient pas. Il fait preuve de radicalité, aime la polémique, se dresse facilement contre le pouvoir en place, s’enflamme pour ses droits et ses libertés, sait imposer  arbitrairement ses idées pour « le bien de tous ». Ces orientations ont entre autres accouché des droits de l’homme, des idéaux Liberté, Égalité, Fraternité, de la révolution, du Comité de Salut public et de la Terreur.

Captifs de cet axe d’opposition les français détestent la noblesse s’ils n’en font pas partie et les riches s’ils ne le sont pas. Ils cherchent à améliorer ou à remplacer le système en place pour servir le bien de la nation, mais dans le but conscient ou inconscient d’y occuper une place privilégiée. Dans tous les domaines le Lion jouisseur, égocentrique et pourtant généreux, s’oppose au Verseau vertueux, altruiste et pourtant autoritaire et parfois fascisant. Les deux signes sont dominants et combatifs. Ils cultivent leur ego chacun à leur façon. Le Lion régalien sacrifie difficilement son bien-être personnel à la collectivité et le Verseau communautaire alimente son ego par le biais de la politique ou de l’action sociale.

Conditionnée par une culture de l’affrontement, la nation française est ainsi difficile à gouverner, toujours divisée en clans et en nombreux petits chefs dressés les uns contre les autres, au détriment de l’intérêt général. Elle est dans ses plus mauvais moments capable de dictature et au pire de guerre civile.

Exemple historique
Début de la Terreur le 5 septembre 1793 à Paris (calculé pour 12h00).

Les signes zodiacaux décrivent des généralités imprécises. Ils constituent le sentier des astres, c’est-à-dire la couleur et le relief du terrain. Cependant, cette hypothèse d’une France Lion/Verseau (ce n’est bien entendu qu’un structure de base) est confirmée par la plus grave crise intérieure que ce pays ait jamais connue, c’est-à-dire la révolution, quand Uranus (l’astre révolutionnaire) se tenait début Lion (en 1789) alors que Pluton (la régénération) transitait le Verseau.
 
Les deux Terreurs, qui virent peut-être cent mille citoyens sommairement exécutés (guillotinés, fusillés, noyés…), correspondent à des opposition précises de ces deux astres dans ce même axe Lion/Verseau. Lors de ces périodes sanguinaires (du 10 août au 20 septembre 1792 et du 5 septembre 1793 au 27 juillet 1794) ils manifestent leurs facettes les plus sombres : Pluton (le pouvoir, l’intérêt personnel et l’instinct de mort) corrompt le révolutionnaire Uranus qui se « radicalise » (2). Pluton représentait alors un travail de régénération et de libération des traumatismes imposés au peuple par la noblesse depuis des siècles, mais cette violente opposition à partir des deux signes de la France souligne ce point culminant de la culture de l’affrontement dans son histoire.

Les abstentionnistes et le rejet de la classe politique

Lassés des guerres médiatiques, des combats des chefs et des situations bloquées (Lion et Verseau sont des signes fixes, générant des structures politiques et administratives lourdes, difficiles à bouger), beaucoup de français ne croient plus dans le pouvoir du vote, considérant que celui-ci est miné par la propagande, les promesses jamais tenues et les manipulations en tout genre. Si l’on additionne les abstentionnistes, les votes blancs et les non-inscrits sur les listes électorales (certaines estimations approchent les 5 millions), on obtient sans peine le premier parti de France, représentant plus de 55% de la masse électorale. C’est que déjà facilement indolent, le français Lion/Verseau ne sent aucunement que son vote lui permette de maîtriser en quoi que ce soit sa destinée. Au contraire, la sensation collective est qu’on n’y peut rien, que ce sont toujours les mêmes au pouvoir, etc. L’individu (Lion) tend ainsi à rejeter la caste dirigeante (Verseau), qui de toutes façons ne se soucie que d’elle-même (Lion), sans défendre réellement les valeurs humanistes (Verseau) dont elle est censée avoir la charge. Il préfère opter pour le chacun pour soi (Lion), ce qui signifie seul contre tous, en attendant des temps meilleurs. Nombre de citoyens lambdas considèrent la politique comme un jeu (Lion) auquel ne sont admis que les privilégiés qui constituent la caste dirigeante (Verseau). C’est certes le cas à peu près partout, mais le caractère Lion/Verseau ne l’accepte pas d’où le retrait boudeur, la grogne ou l’affrontement.

Les 6 et 13 décembre 2015

Nous traversons toujours, cela n’échappe à personne, les puissantes perturbations appartenant au carré Uranus/Pluton. Confiscation du pouvoir par les aristocraties dirigeantes et les puissances financières, radicalisation des opinions et tentations autoritaires sont au goût du jour, même chez la gauche qui se complaît dans l’état d’urgence. Les maitres du Verseau sont sous tension : Uranus est obscurci par Pluton et Saturne (la réflexion profonde) dévié par Neptune (émotivité et propagande). Saturne transite le Sagittaire (3) : la rigidité des principes et la nécessité de lois, de règles, de structures contraignantes sont renforcées. De part son carré à Neptune (les opinions collectives), le « mental français » se prend les pieds dans les pièges de l’endoctrinement, de l’identification (nationalisme, la France chrétienne de race blanche ….) et des mensonges à grande échelle. La guerre des ego entre politiciens est à son comble. Le cynisme qui se développe naturellement chez le Lion déçu, alimente le concept du « tous pourris » qui est bien entendu instrumentalisé lui aussi.

Ce dernier 6 décembre le Soleil était à 14° du Sagittaire, c’est-à-dire conjoint à Saturne à 8° de ce même signe : l’insécurité face aux inconnus (migrants, terrorisme, précarité de l’emploi, préoccupations concernant le futur) a sans doute joué un grand rôle dans les isoloirs. Le Soleil s’avançait cependant au trigone exact d’Uranus à 16° du Bélier. Selon le principe qui veut que les aspects sont plus puissants après leur complétion exacte (4), avec un Soleil à 21° du Sagittaire et Uranus quasi stationnaire, le 13 décembre, second dimanche des élections, devrait voir un sursaut uranien, c’est-à-dire des choix plus audacieux, plus aventureux et plus humanistes, d’autant que la Lune en Capricorne adressera un carré à cet astre. Le combat sera cependant rude car la Lune sera également conjointe à Pluton (craintes instinctives et cynisme prononcé), alors que les deux astres seront au carré de Mars (violence, inflammation, autodestruction). Mars également opposé à Uranus (radicalisation mentale accrue) est extrêmement tendu et l’affrontement sera de rigueur. Le trigone de la Lune (l’humeur mentale) à Jupiter devrait inspirer malgré tout une orientation plus tolérante des différences et sa dynamisation par Mars et Uranus pousser la population à l’action et ainsi réduire le nombre des abstentionnistes.

Le français négatif

Peut-être plus que les autres, le français ne songe qu’à lui avant tout. En bon Lion il pratique la politique du portefeuille. Si sa vie est satisfaisante il se moque des mal lotis tout en donnant parfois au restos du cœur. Par contre si ça va mal, il est près à mettre le feu au nom des grandes idées du Verseau. Parce qu’il se croit indépendant mentalement (Verseau), parce qu’il s’éblouit lui-même (Lion), il est très vulnérable à la propagande et à ses professionnels qui connaissent à fond les ressorts de la psychologie sociale. Il est ainsi actuellement en proie à « l’identitarisme » qui est une inflammation sociale de l’identification. On l’effraie avec les migrants même si nombre d’entre eux n’en rencontrent jamais. On l’effraie avec les musulmans et autres épouvantails agités par les politiciens ambitieux. Malgré une soi-disant culture de la culture, il peine à s’apercevoir que le nationalisme est un tribalisme exacerbé. La société française peut ainsi basculer dans des idéologies dangereuses, ce ne serait pas la première fois, qui mènent toujours à l’affrontement et au malheur.

Le français positif

La France reste un pays solaire (noble et généreux), saturnien (réfléchi, en quête de connaissances universelles) et uranien (aimant la liberté avant tout). Son mode de vie fait d’un panachage de goût pour la jouissance, la créativité et la joie de vivre (Lion) et d’une propension à la révolution et à l’universalité (Verseau), lui vaut bon gré mal gré une place spéciale dans le concert des nations. Quoique la France capitalise beaucoup sur son passé, il reste que Montesquieu a inventé la séparation de l’Église et de l’État et que la révolution française (Verseau) a enflammé la conscience collective mondiale. Il est vrai qu’elle la déçut très vite, lorsque Robespierre (AS Verseau avec Mars et Neptune en Lion) l’ensanglanta et que Napoléon (Soleil culminant en Lion) la récupéra à son profit.

Le danger

Vue sa culture et son « caractère », vus les carrés Uranus/Pluton et Saturne/Neptune qui se poursuivent et qui concernent aussi les conditions extérieures comme l’économie mondiale et l’extrémisme religieux, la France pourrait s’enflammer, comme dans ses plus sombres moments. Si le pouvoir centralisateur (Lion) quel qu’il soit se durcit, il se heurtera forcément à la nature contestataire (Verseau) du français.

L’espoir

La France possède une vraie possibilité d’exemplarité, de part sa richesse matérielle, sa culture des loisirs et de la liberté, ses orientations culturelles, artistiques et son respect des individus dans leurs choix philosophiques, politiques, religieux et sexuels.  En ce sens un pays est comme un individu, il a capacité à transformer la conscience collective par ses comportements. Il est important, à l’heure du village global, alors que l’humanité détruit systématiquement la planète, que la France manifeste ce qu’elle a de meilleur (art, plaisir, liberté, créativité) en se défaisant des relents de sectarisme, de racisme, d’étroitesse mentale et d’autoritarisme qui la composent aussi et qui ont écrit les pires pages de son histoire. Elle n’y parviendra pas par l’affrontement et la résolution de cette nature contradictoire dans l'alliance et l'harmonie constitue son défi personnel. L’intelligence (Uranus), la réflexion (Saturne) et la générosité (le Soleil) en sont capables.

(1) Son signe traditionnel

(2) L’émergence de DAECH est liée au carré Uranus/Pluton actuel

(3) Lire Saturne en Sagittaire mode d’emploi 2015

(4) « On assimile communément la précision d’un aspect à sa force. L’aspect partile (exact au degré prés) serait ainsi le plus puissant. C’est cependant loin d’être toujours le cas. Cette constatation va de pair avec ce qui est habituellement cru à propos de l’application et de la séparation : un aspect appliquant (en train de se former) est souvent dit avoir plus d’impact qu’un aspect séparant (en train de se dissoudre), censé être ressenti de plus en plus faiblement jusqu’à sa dissolution. Or on note que c’est parfois au moment de la rupture de l’aspect (par exemple un carré de Mars à Saturne arrivé à 96° ou 97°) qu’il retentit soudain, mentalement et quelquefois tangiblement, dans toute son ampleur. Peut-être ce phénomène est-il analogue au fait que le Soleil chauffe manifestement plus après sa culmination au Milieu du Ciel, c’est-à-dire dans la neuvième maison, que lorsqu’il transite directement au zénith ou lors de son approche ». L’astrologie et la mécanique de la pensée Chap.13-Ce qu’il faut savoir sur les aspects.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.