samedi, mars 22, 2014

Mercure-Neptune et la propagande


L’atmosphère psychologique, la politique et les évènements de ces dernières semaines soulignent l’impact des aspects mercuriens. Sans doute l’astre messager, en charge de toutes les communications, d’une discussion banale entre deux individus, aux échanges sophistiqués impliquant smartphones, ordinateurs et mêmes transpondeurs de gros porteurs aériens, prend-il de plus en plus d’importance dans le monde moderne. Il est de plus, depuis toujours, en charge de la collecte des informations : c’est à partir de Mercure que le cerveau s’adapte à son environnement, qu’il en prend connaissance et en définitive choisit les meilleures solutions relatives à sa survie et à son bonheur.

Mercure représente la logique, le discernement, l’ordre et le sens pratique. Il se révèle favorable ou non d’après la façon dont on le manie. Selon ses aspects au natal, s’il n’est pas obtus ou paresseux, l’individu peut être intellectuellement vif et éblouissant, inspiré et subtil, rusé et astucieux, escroc et menteur et quelquefois tout à la fois comme le prouvent nombre de personnages connus. L’astre en soi reste neutre et influençable : touché par Mars l’impulsivité des choix est à craindre, par Vénus on remarque l’incidence des sentiments, par la Lune l’importance des mémoires et ainsi de suite.

Ainsi, à un niveau tangible, mesurable, Mercure joue-t-il un rôle considérable, par le biais des choix que la vie nous propose, car ceux-ci s’appuient en grande partie sur les informations dont on dispose et sur le discernement dont on fait preuve à leur égard.

Active jusqu’au 27 ou 28 mars, la conjonction exacte Mercure/Neptune a lieu aujourd’hui à 20h16 TU.
Moins tendu, sensiblement moins pénible que le carré Mercure/Saturne sont nous sommes sortis il y a à peine quelques jours, cet aspect n’en est pas moins dangereux et troublant, car le décisionnel en est tout autant affecté. Cette fois-ci ce sont les facettes négatives de Neptune qui se déploient subrepticement, avec sinuosité comme il sied à cet astre. L’ignorant parfois lui-même, l’esprit est contaminé par les secrets et les dissimulations, par les manipulations mentales, par les émotions et par l’empathie négative, c’est-à-dire l’influence des opinions collectives.

Ainsi la propagande, avec tout ce que ce concept possède de terrifiant (un des pères de la propagande moderne s’appelle Joseph Goebbels), envahit les informations, les remplace parfois et tente de toutes ses forces d’influencer les choix, ce qui est particulièrement remarquable en période électorale. Le libre arbitre dont on parle beaucoup en astrologie devient ardu à appliquer, car Mercure représente la ruse, l’astuce, parfois la rouerie et Neptune est l’astre qui enveloppe la pensée et les émotions dans des filets d’illusions et d’identifications. On croit décider en toute connaissance de cause, parce que l’on s’est informé, sans réaliser que des pressions subtiles, scientifiquement appliquées, infléchissent les tendances mêmes des opinions personnelles et collectives.

L’homme contemporain doit évaluer au quotidien ces forces puissantes dont il est l’enjeu. C’est par là que passe le pouvoir (1). Transformées en flèches verbales, les écritures et les paroles visant le centre de l’imaginaire font mouche. Alors que la France est appelée à voter (2), la gauche traite Sarkozy de Berlusconi et la droite compare la justice française à la Stasi. Cette dernière comparaison (une opération intellectuelle mercurienne) est totalement inspirée par Neptune (l’astre du cinéma), en référence à l’excellent film « La vie des autres ». L’espionnage et l’indiscrétion appartiennent totalement à une dissonance Mercure/Neptune. Peu de spontanéité dans ces réactions bien sûr, ces comparaisons étant l’œuvre de spécialistes chargés d’une façon ou d’une autre d’influencer la réflexion (Mercure) par le biais de l’affect (Neptune). 

On doit donc se méfier de la dangerosité de cet aspect, d’autant qu’il agit masqué. L’histoire nous apprend que c’est par le biais d’idées faussées, implantées de façon pernicieuse dans la conscience collective (Neptune), liées au nationalisme et au racisme (les identifications), à la poudre aux yeux et aux promesses mensongères (les illusions), que naissent  et croissent les pires violences.

Il faudrait au contraire inverser la tendance, ce qui n’est pas impossible, même s’il faut pour cela se rebeller contre les influences négatives et les conditionnements. Il est vrai que Neptune a le culte de la facilité, d’où ses liens avec l’alcool, la toxicomanie, la télévision et les médicaments. Quoi de plus simple que de se laisser emporter par les évènements, de se résigner, ou de ne rien faire par pure paresse mentale, une autre caractéristique Mercure/Neptune.

Et pourtant, Neptune le faible, l’indolent, le facilement effrayé, l’abonné à la souffrance, est sans doute le plus puissant des astres. Ses expressions idéales nous approchent de l’amour et de la compassion. C’est à travers lui que nous comprenons que le monde c’est nous et que nous sommes le monde. C’est par lui que nous saississons qu’une transformation intérieure affecte l’ensemble de l’humanité. Il s’agit de laisser les idées s’envoler vers le rêve d’une conscience inspirée par l’empathie positive, la profondeur mystérieuse de l’univers, les espaces infinis qui se révèlent à l’intérieur du coeur chez ceux qui prennent le temps de s’explorer.

Neptune doit être purifié et l’on doit sans doute écarter pour cela la sentimentalité, le biais par lequel on est manipulé, pour s’ouvrir à l’amour. Le carré actuel de Jupiter à Uranus doit nous servir, puisque Uranus est l’éveilleur et qu’il est capable de secouer Neptune de son sommeil. Uranus est l’astre révolutionnaire qui apprend à l’individu à penser uniquement par lui-même, loin des maîtres, des systèmes et des traditions, des croyances et des idéologies, à jamais protégé de toute propagande. Neptune est alors capable de manifester ses meilleures expressions.

C’est un combat difficile et actuel, puisque Pluton est aussi de la partie, opposé à Jupiter et au carré d’Uranus : les obsessions, la tentation du pouvoir et de la richesse, si présente chez des millions d’individus, empêche la régénération de la pensée collective. Avec Mars qui bientôt revient dans le jeu pour former la seconde croix cardinale (dont nous parlerons bientôt), toutes les décisions actuelles, présentes, risquent bien de se concrétiser alors.

On l’a compris, ces jours-ci, la conjonction Mercure/Neptune revêt une extrême importance.


(1) Voilà semble-t-il la grande force de Vladimir Poutine, l’ancien espion membre du KGB, dont le thème montre une puissante conjonction Mercure/Neptune/Saturne en XII (la maison des secrets) : difficile de faire mieux en ce qui concerne la ruse et les stratégies secrètes.

(2) Le vote du 16 mars qui eut lieu en Crimée montrait un Mercure à 28°30 du Verseau : au carré de Saturne (manque de perception des motivations profondes), entamant sa conjonction à Neptune (illusion et identification) et au demi-carré exact de Pluton (manipulations et pressions obscures). Mars en Balance était certes au trigone (décision tranchée, quoique appuyée par la force), mais conjoint à Rahu (cadeau empoisonné). Des conséquences négatives sont ainsi à craindre pour la population (Neptune) sur le long terme (Saturne).

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.