dimanche, juin 07, 2015

Vénus et le roi du ciel


A contempler cette Vénus flamboyante qui éblouit nos soirées, on saisit instantanément son association universelle à la beauté. Quoique admirable, Jupiter, le roi du ciel vers lequel elle se hâte en semble presque terne! Leur rencontre constituera un des évènements phares de l’été, tant astronomique qu’astrologique. Exacte le 1er juillet, cette conjonction très rapprochée en déclinaison (1) promet un spectacle extraordinaire, réjouissant les yeux et les cœurs malgré les temps difficiles que nous traversons. Cette excellente configuration perdurera 2 mois (du 18 juin au 15 août) puisque Vénus entamera sa rétrogradation peu temps plus tard.
C’est là l’occasion à ne pas manquer de renouer avec la réalité du ciel et de ressentir peut-être ainsi, au plus profond de soi, la présence des astres qui ne sont pas que des symboles d’états de conscience. Au-delà des hypothèses et autres explications intellectuelles, on comprendra sans doute alors comment et pourquoi ils accompagnent l’aventure humaine depuis le début des temps.

Cependant, le ciel est le miroir de nos vies où rien n’est jamais simple : Vénus sera assombrie par son carré à Saturne du 3 juillet au 17 août alors que le Soleil, Mercure, Mars, Uranus, Neptune et Pluton l’affecteront parfois à des degrés divers, sans compter les nombreux aspects lunaires. Ainsi, cette Vénus estivale, qui à part une timide apparition en Vierge fin juillet transite dans le Lion du 5 juin au 8 octobre (!) sera autant source de joies que d’épreuves. A nous de réussir à la rendre vraiment propice, c’est-à-dire d’accompagner son énergie apaisante, aimante et magique, sans tomber dans les pièges des apparences et des attachements, des plaisirs néfastes ou au contraire des inhibitions. Souvenons-nous que si Vénus-Aphrodite se montre superficielle et souvent perfide, elle symbolise également la Venia, le cadeau gratuit des dieux, la grâce divine en quelque sorte (2).


VENUS DANS LE ZODIAQUE


En Lion du 5 juin au 18 juillet et du 31 juillet au 8 octobre

La sensualité, les sentiments, la relation à l’esthétique et à la beauté se font ludiques, créatifs et généreux. Accroissement collectif du désir de profiter de sensations agréables sans se poser trop de questions. A la recherche de son plaisir, le moi s’éduque par le jeu, la gentillesse, la relation aux enfants et les activités artistiques. Son orgueil et son goût de la séduction l’entraînent dans des romances gratifiantes mais souvent superficielles. L’importance accordée aux apparences lui est cause de tourments. La tendance à une certaine noblesse du coeur n’est pourtant pas absente, malgré l’exigence des instincts. Il est favorable de privilégier la brillance intérieure.

En Vierge  du 18 au 31 juillet

Vénus en ce signe est dite peu propice car cérébrale comme le voudrait ce signe, mais étrangement nombre d’excellents artistes montrent cette position zodiacale dans leur thème, car la méthode et le sens pratique permettent à l’inspiration de s’exprimer tangiblement. Vécue parfois comme une hygiène nécessaire, la sexualité est moins captive des jeux de la séduction et le passage à l’acte moins problématique. Excellente situation pour la purification du corps par l’alimentation et le jeûne, le yoga, les médecines alternatives et pour la guérison des maux provoqués par les émotions. Le service est vécu comme une démonstration de tendresse et d’amour.

Rétrograde du 25 juillet (à 0°46 de la Vierge) au 6 septembre (à 14°23 du Lion)

La rétrogradation transforme cet astre rapide en astre lent, puisqu’il stationne un long moment dans un secteur restreint du Zodiaque, marquant particulièrement les personnes concernées dans leur thème natal. Ses aspects qui perdurent également permettent des expériences marquantes, de profondes explorations et parfois de vraies transformations dans les domaines de l’amour et des sentiments, de la recherche du plaisir, de la sensualité, de la beauté et de l’estime de soi. Il est conseillé de se tourner tant que faire se peut vers la venia.


VENUS EN ASPECTS

Tous les aspects de Vénus ne sont pas examinés ici afin d’aller à l’essentiel et d’éviter de se perdre dans les contradictions apparentes. « L’art » astrologique consiste d’ailleurs à discerner le chemin signifiant qui ordonne des informations si nombreuses qu’elles en deviennent facilement chaotiques.

Du 1er mai au 3 juillet : demi-carré (45°) au Soleil

L’élongation maximale de Vénus (à 45°24) a lieu le 6 juin. Unique aspect négatif entre les deux astres, le demi-carré Vénus/Soleil encourage le narcissisme, la futilité des apparences, une poursuite accentuée des plaisirs, la frivolité amoureuse, la séduction au service de l’ambition, la nécessité de plaire et de briller surtout si l’on souffre de mésestime de soi. Observer avec sagacité l’importance accordée à l’image de soi vénusienne (très liée au potentiel de séduction), ainsi qu’aux gratifications affectives avec leur cortège d’anxiétés et de souffrances est favorable.  

Du 2 juin au 22 juillet : demi-carré (45°) à Mars

L’atmosphère est (encore) plus sexualisée qu’à l’habitude. Volonté d’être aimé et envié accentuée. Multiples occasions de passion, de jalousie, de rivalité, d’infidélité et parfois de dépit. Confusion fréquente entre sensualité et amour. Le désir obsède la pensée en cas de sexualité frustrée par des circonstances adverses. Le travail consiste à explorer les relations intimes entre le mental (pensées, mémoires, conditionnements) et la sexualité. Dans tous les cas le guerrier (Mars) doit servir l’amour (Vénus)

Du 31 mai au 13 juin : trigone (120°) à Saturne

Refroidissant quelques jours l’effet marsien (ci-dessus), Saturne apaise Vénus dans sa quête insatiable du plaisir par une association propice de la réflexion profonde et de l’amour, de la patience et des sentiments. Facilité à examiner sagement les émotions, à écarter les illusions, à privilégier la sérénité. S’ouvrir à Saturne grâce à Vénus ouvre à la beauté du monde, à l’harmonie et à la méditation, par le biais de la terre, des plantes et des jardins, des objets anciens peut-être, de tout ce qui est sage et précieux …. possible révélation de la venia

Du 5 au 19 juin : sextile (60°) à Mercure

Excellent aspect très propice à la culture, aux communications, à une approche subtile de la beauté : à user sans modération.

Du 12 au 19 juin : quinconce (150°) à Neptune

Si cet aspect est propice à l’art, à la fusion et à la communion, il provoque aussi les mensonges, les dissimulations, les illusions et les trahisons. On se laisse facilement piéger par désir d’être aimé(e) et peur de ne pas l’être. Souffrance, sacrifice et « amour » se mêlent allègrement. Tentations de liaisons clandestines ou socialement problématiques. Pour éviter la souffrance (Neptune), comprendre la différence entre sentimentalité (centrée sur les sensations du moi) et l’amour (dénué d’intérêt personnel).

Du 18 au 25 juin : quinconce (150°) à Pluton

Épaississement du moi par la recherche des sensations mêlant pouvoir, argent et sexualité. Vénalité amoureuse plus prononcée. Sexualité parfois tourmentée. Tendance à infliger de la douleur par « amour », fantasmes accrus, sadomasochisme, possible perte d’innocence. A résoudre par le biais d’Uranus par son trigone à Vénus (voir plus loin) dès le 21, qui permet une exploration approfondie des sentiments et de la sexualité d’autant que Saturne s’en mêle également:

Du 18 au 24 juin : parallèle à Saturne

Le recul, le retrait, la quête de la sérénité et parfois la renonciation sont de rigueur, ce qui n’est pas simple vues les pressions exercées par Mars, le Soleil et Pluton. Il est conseillé d’éviter les nouvelles associations sentimentales sérieuses sous peine de souffrance à venir. L’aspect est propice à la solitude, à la méditation, à la communion avec la nature, au retour sur soi et à la sérénité.

Du 18 juin au 15 août : conjonction à Jupiter

C’est bien la bonne nouvelle de l’été, cette longue rencontre des deux « fortunes », associée aux satisfactions mentales et sentimentales, à la joie de vivre et d’aimer, aux plaisirs variés, aux voyages d’agréments, à l’expansion des sentiments et des sensations agréables. Jupiter, parfois intimidant, puisque lié au sens de la justice, tend à exprimer pleinement sa nature tolérante et compatissante. Son effet amplificateur demande malgré tout de se méfier d’une recherche du plaisir trop marquée, de la gourmandise et de l’égoïsme que ce type de comportement provoque, d’autant que la peur s’en nourrit.
L’idéal est de cueillir le plaisir lorsqu’il se présente sans en faire le centre des préoccupations mentales. Saturne (voir ci-dessous) agit d’ailleurs en régulateur. Il est opportun de suivre ses conseils de tempérance afin de profiter au mieux de cette configuration qui peut offrir bien plus que des gratifications sociales, sentimentales ou sensuelles : Jupiter et Vénus invitent aux enivrants voyages intérieurs, à la philosophie et à la spiritualité, à la découverte  de la beauté et à l’exploration des secrets du cœur et de la venia.
On doit s’attendre à des amours de vacances abondantes et plaisantes, mais il est sage de ne pas s’attacher (un must pendant le carré à Saturne), ce qui est il est vrai, bien plus facile à dire qu’à faire.

Du 21 juin au 9 juillet et du 7 août au 2 octobre : trigone (120°) à Uranus

La quête de l’amour et de la liberté absolue s’associent à la révolution intérieure et à l’exaltation du cœur et des sens. L’éclosion artistique, l’originalité, les rencontres marquantes, parfois bouleversantes et les amitiés amoureuses sont favorisées. Le danger encouru est lié à l’attachement à ce qui est expérimenté, à la volonté de garder et de posséder. L’idéal ici est de profiter et d’apprendre simultanément, de jouir des exaltations offertes, de croître du cœur et de l’intelligence, et quand les circonstances le demandent, de reprendre son chemin avec sourire et gratitude.

Du 28 juin au 9 juillet : sextile (60°) à Mercure

Même commentaire que pour la période du 5 au 18 juin

Du 3 juillet au 17 août : carré à Saturne

Voici l’aspect qui complique tout, car si Vénus est favorisée par Jupiter (la joie d’aimer) et parfois exaltée par Uranus (la liberté d’aimer), le tout aboutissant à de belles rencontres, Saturne, associé aux règles et aux structures, dont le rôle est de nous diriger au-delà de la simple satisfaction des sens, met des bâtons dans les roues.
Parfois éblouissantes, nombre de rencontres sont décevantes ou mènent ultimement à la souffrance, les causes en étant l’attachement, la dépendance affective, l’illusion ou encore des circonstances adverses.
On croit sans doute profiter de l’instant présent, mais si l’on n’y prend pas garde, on pénètre sans s’en rendre compte dans des prisons aux barreaux invisibles.
Saturne réclame toujours de la pondération et de la tempérance, une intelligence profonde et un sérieux naturel, ces qualités permettant d’explorer sensations et sentiments en profondeur et d’échapper aux tourments qui naissent des apparences, des futilités et des dépendances.
Paradoxalement, la renonciation (Saturne) à la sécurité, permet à Jupiter d’offrir ses cadeaux et à Uranus de générer de vraies révolutions intérieures.
Dans le cadre vénusien, si les disciplines conflictuelles ou les inhibitions (Saturne négatif) n’évitent aucunement la souffrance, la poursuite effrénée du plaisir (Jupiter négatif) est aussi néfaste. Coincée entre Jupiter et Saturne, Vénus réclame beaucoup de subtilité et de sagacité, le danger majeur résidant dans la mainmise du temps psychologique, entre autres l’anticipation, le désir de possession et de pérennisation des expériences vécues. Tout ceci s’avère plus facile à saisir et à expérimenter lorsque Mercure et Uranus sont favorables Vénus. 

Du 3 au 9 août : conjonction à Mercure

Si cette rencontre rapide est favorable en tout, les mots clefs étant information, art, communication, subtilité, beauté, Mercure et Vénus conjoints à Jupiter sont au carré de Saturne : discernement et sagacité sont essentiels et l’on se méfie des éblouissements, des illusions et de mauvaises orientations mentales et sentimentales menant à de possibles mauvais choix.

Du 8 au 23 août : conjonction avec le Soleil

Aspiration à l’harmonie et à la lumière intérieure malgré de possibles éblouissements du moi par lui-même. La diplomatie, la courtoisie, la joie de vivre, la quête des idéaux et l’estime de soi sont favorisés.

(1) En parallèle de déclinaison le 30 juin à 3h19 TU et en conjonction le 1er juillet à 7h51 TU. Les deux astres seront donc littéralement unis !

(2) Cette mythologie méditerranéenne rejoint celle des Indes où Vénus est Shukra, le gourou des démons (les asuras) dont la raison de vivre reste avant tout la satisfaction des sens, mais aussi la Déesse Lakshmi (dont la naissance est décrite ici) associée à la splendeur de la féminité, à l'ahimsa, à la prospérité, à la joie de vivre et à la paix du cœur. L'ahimsa est la non-violence, le respect de la vie, d’où l’association de Vénus au végétarisme. Ces tendances générales n'excluent pas les cas particulier: certains vénusiens végétariens sont cruels (voir Hitler), alors que des marsiens à tendance plus carnivores se montrent tout à fait pacifiques.

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.