jeudi, août 13, 2015

Jupiter en Vierge et la remise en ordre


Jupiter, le roi du ciel, vient de quitter le Lion pour la Vierge où il s’installe jusqu’en septembre 2016. Sa longue conjonction avec Vénus, dont nul ne se plaindra, s’achève. Jupiter favorise certes mais aussi amplifie et pas toujours pour le meilleur : en conflit avec Mars il provoque la colère et ses alliances avec Pluton bénéficient surtout aux puissances financières. Sa proximité à Vénus s’associe souvent à une grande gourmandise des sens. Jupiter en Vierge passera par de nombreuses phases qui ne seront pas toujours propices. Comme toujours, si l’on pratique une astrologie intelligente, l’on se demandera comment user au mieux des aspects qui s’annoncent, amplificateurs de nos joies et de nos peines, de nos amours et de nos colères, de nos désirs, de nos espoirs, de nos peurs et de nos illusions. Ayons toujours à l’esprit que cet astre, qui favorise et protège, représente l’expansion mentale par le biais de l’étude, des voyages, de la philosophie et de la spiritualité et que ses meilleurs visages incarnent le sens de la justice et la compassion.


JUPITER EN VIERGE

Les signes du Zodiaque sont le sentier des astres et ceux-ci, tels les voyageurs infatigables qu’ils sont, sont influencés par les reliefs, les couleurs et les particularités des contrées qu’ils traversent. Cela ne change rien à leurs significations premières, mais modifie leurs façons de s’exprimer. On aurait tort de considérer un Jupiter opposé aux Poissons et donc en « exil », faible ou en mauvaise posture. Bien des Jupiter en Vierge de naissance montrent des esprits brillants, encyclopédiques, aptes à « ordonner » l’existence à grand coups de brosses philosophiques, capables d’entretenir une vision large et claire de la société dans laquelle ils vivent, ainsi que d’explorer les problèmes psychologiques les plus complexes. La Vierge est le signe mercurien-solaire : idéalement l’esprit s’oriente vers la quête de l’ordre, de la clarté, du discernement, c’est-à-dire vers l’éloignement du chaos qui constitue l’essentiel de nos vies. Si la cérébralité mercurienne est peut-être amplifiée, Jupiter apporte avec lui sa nature de maître des Poissons, imbibant ainsi la pensée analytique de ressenti et de compassion.

La Vierge, au sens pratique proverbial, est le signe de la médecine et de la guérison et Jupiter (l’expansion mentale) est « le protecteur », qu’il s’agisse de l’individu ou de l’humanité toute entière. Jupiter en Vierge nous incite ainsi à nous soigner nous-mêmes et par ce biais à soigner le monde. Il s’agit pour cela d’apprendre, ce qui n’est pas, au sens le plus profond du terme, accumuler des informations et des connaissances dont nous disposons déjà à foison et qui imposent des grilles de lecture à nos esprits par le biais des opinions, des croyances, des « traditions » et de toutes les expériences du passé.
Apprendre c’est d’abord comprendre comment ce passé avec ses mémoires, ses craintes, ses préjugés, agit sans cesse sur nos vies, nos choix et nos destinées et nous empêche la plupart du temps d’être créatifs, originaux et libres.
Il s’agit ainsi d’observer le chaos et  de mettre en ordre nos esprits, ce qui est le rôle de la Vierge, puisque toute maladie (affective, mentale, physique) est un désordre.
L’idéal est que Jupiter dans ce signe joue vraiment son rôle de protecteur et de guérisseur. Cela passe par la compréhension de ce que signifie apprendre au présent, à chaque instant, en réalisant combien le poids du passé encrasse nos esprits et nous empêche de solutionner la violence, l’anxiété, l’égoïsme et l’autodestruction qui règnent en chacun d’entre nous comme ils règnent sur le monde.


LES ASPECTS

Nous examinons ici les aspects actuels de Jupiter et surtout ceux qu’il commence à former avec Neptune et Pluton. Dès la fin septembre il se fera rattraper par Mars, puis un peu plus tard par Vénus quand les trois astres formeront une conjonction tout à fait intéressante (et pas de tout repos). Mais chaque chose en son temps, nous en parlerons alors, voyons ce que le roi du ciel nous propose d’ici là.


Jupiter conjoint au Soleil : de la mi-août au 10 septembre environ

Toujours excellente, si l’on sait en profiter, cette configuration figure une expansion accrue dans tous les domaines. Jupiter soutient la réalisation des idéaux solaires en favorisant l’expansion mentale par l’étude et les voyages, par des rencontres propices, des choix judicieux, des opportunités diverses et un aplanissement parfois inexplicable des difficultés matérielles. Les circonstances favorables et la notion de chance participent d’une attitude mentale optimiste, croyant en ses capacités, s’angoissant peu, jugeant correctement, partageant naturellement et faisant preuve de détachement, de confiance et (normalement) d’honnêteté et de justice.

Il s’agit ainsi d’être aux aguets, de faire preuve de loyauté, de droiture et de noblesse, de surveiller les opportunités, de ne pas craindre de s’engager et de provoquer peut-être, en certains cas du moins, la sérendipité. Aspect favorable pour l’ensemble de la planète. Celles et ceux qui cultivent l’art de l’attention verront sans doute  un peu de paix, de justice et pourquoi pas de véritable spiritualité poindre au cœur de leurs esprits.


Jupiter au carré de Saturne  : commencé début juillet cet aspect reste actif jusqu’à la mi-septembre : lire Vénus entre Jupiter et Saturne


Jupiter opposé à Neptune : l’opposition est active dès le 11 août jusqu’aux derniers jours du mois d’octobre.
Elle se reformera ensuite en 2016 de début mars à la fin juillet.

« Amplification des émotions, de la perméabilité psychique, des rêves et des illusions, goût prononcé pour le merveilleux, tendance à subir l’influence des atmosphères, de l’environnement social, de la propagande et des médias.
Facilité à croire en un maître, une cause, une idéologie politique ou religieuse. Identification aux opprimés, attrait du sacrifice, sensibilité à la souffrance collective et à la condition animale. Aspiration émotive à un monde d’amour et de justice. Fréquente sensiblerie excessive plus ou moins consciemment entretenue.
Des inquiétudes exagérées sont ressenties pour des proches, des amis voire des inconnus. Le manque de consistance d’un moi insuffisamment centré invite à s’étaler, à se confesser, à « déborder » socialement, psychiquement et affectivement avec des menaces de scandales à la clef. La sincérité est confondue avec la vérité et la sentimentalité avec l’amour. Une possible indolence, un manque d’assiduité ou encore des habitudes nocives gaspillent le talent et d’indéniables capacités artistiques. La soif de communion s’associe à la poursuite de la transe, au goût de la musique et de la danse et parfois à l’alcoolisme ou la toxicomanie. Attrait fréquent ressenti pour les rituels magiques et symboliques, la prière, la dévotion, la foi, les chants liturgiques et l’émotion collective. Possible malhonnêteté emprunte de culpabilité. La générosité est mal orientée. Menace d’être volé ou de subir des mésaventures déplaisantes par inattention ou confiance mal placée ». (1)

« Le plus difficile est de ne pas s’aveugler soi-même, d’autant que les émotions sont excessives. La sincérité n’est pas garante de raison et nourrit volontiers une image illusoire de soi « tournée vers le bien », empêchant la remise en question.
Comme toujours avec Neptune, la distinction à faire entre l’amour, qui se suffit à lui-même et la sentimentalité, marquée par la crainte et la souffrance, est capitale. La sentimentalité est à l’origine de l’injustifiable, surtout si l’on croit « sincèrement » agir pour le bien.
L’indignation peut n’être qu’une réaction superficielle à l’injustice, une façon de se définir, de se sentir vertueux et compatissant et d’emplir le vide intérieur. Idéalement Jupiter et Neptune, maîtres de la IX (la philosophie) et de la XII (la purification) s’associent à l’émotion authentique, « ardente », non conditionnée par la crainte de la souffrance, libérée des mensonges, des prétentions et des illusions entretenues sur soi-même. » (2)

On comprend les dangers « politiques » de cet aspect qui mêle trop l’empathie négative (influence de l’environnement) et la sentimentalité à la conscience, poussant la collectivité dans son ensemble à de mauvais choix par le biais de la propagande, des illusions et de l’identification. L’aide de Saturne (la réflexion profonde) et d’Uranus (l’intelligence) sont instamment requises pour éviter que le chaos émotionnel ne prenne le dessus sur la raison. Si l’équilibre est atteint, l’alliance des principes mercurien (par le biais de le Vierge), jupitérien et neptunien aidera l’inspiration à côtoyer de véritables sommets.

Jupiter au trigone de Pluton (des premiers jours de septembre 2015 à début août 2016).

« Inclination à explorer les obscurités de l’esprit dans une optique philosophique et libératrice, mais également dans une recherche du pouvoir et d’une éventuelle immortalité de la conscience individuelle. Croyance dans la toute-puissance de la volonté et de la pensée sur la matière. Aptitude singulière à éclairer ou à justifier les désirs secrets et les obsessions. Des activités ou des circonstances particulières (menace de maladie, travail en centre hospitalier, décès de proches, expérience de mort imminente, accompagnement de mourants) confrontent positivement à la crainte de l’anéantissement. Considérée comme un portail ou une voie de communication, la mort nourrit la philosophie personnelle et canalise la quête des sensations. Le réalisme tempère la foi. L’habileté à saisir les opportunités ainsi qu’à soutirer des faveurs d’organisations et de personnalités puissantes favorisent l’enrichissement. Des soutiens matériels s’obtiennent à point nommé, offrant les moyens d’étudier, de voyager et de poursuivre ses rêves. » (3)

Quoique le trigone soit un aspect harmonieux, propice, alliant les deux astres, la méfiance reste toujours de mise lorsqu’il s’agit de Pluton qui est intrinsèquement lié au matérialisme et aux obscurités mentales. La quête de l’ordre c’est aussi faire la part de la crainte de la mort et du néant (Pluton), dans le cadre de nos motivations profondes et de la quête incessante des sensations responsables d'une part importante de la destruction de l'environnement. Ainsi Pluton est amené à jouer son rôle positif qui est de détruire les peurs et de régénérer l’esprit.



(1) Extrait de « L’astrologie et la mécanique de la pensée » : ce traité d’astrologie sera très bientôt (normalement ces jours-ci) disponible sur les plates-formes Amazon.

(2) Ibid.

(3) Ibid.








CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.