samedi, novembre 26, 2016

Des vivants et des morts dans le ciel de novembre


Deux célébrités nous quittent : David Hamilton et Fidel Castro. La mort est toujours une interrogation: tous deux ont peut-être eu le temps de s’interroger sur leurs existences, sur leurs actes, sur ce qu’ils ont fait de ce miracle mystérieux qu’est la vie. En observant leur thème on se dit que s’ils connurent la célébrité, ce n’est peut-être pas pour autant qu’ils se réalisèrent …


David Hamilton le 15/04/1933 à Londres (heure de naissance inconnue).

Le photographe octogénaire obsédé par les toutes jeunes adolescentes s’est suicidé après qu’on apprenne qu’il abusait de certaines d’entre elles. Constatons que Neptune, actuellement à 9°15 des Poissons s’oppose à son Neptune natal à 7°41 de la Vierge : une situation qui interroge alors que les noeuds lunaires de naissance s’inscrivent à 5°22 des Poissons (Rahu) et de la Vierge (Ketu conjoint à Neptune). Le plus étonnant est l’inversion actuelle de cet axe: Rahu est à 8°10 de la Vierge, conjoint à son Neptune et Ketu à 8°10 des Poissons (conjoint au Neptune céleste). Ainsi marqué par les noeuds, Neptune, astre de la photographie, lié à la célébrité, l’empathie, la communion, mais aussi à l’illusion, la dissimulation, le mensonge et la trahison, est bien au centre de la vie et de la mort de cet homme. 

S’il nous est difficile, sans heure de naissance et donc sans ascendant, de totalement comprendre les motivations de ses comportements, les noeuds lunaires de naissance offrent de précieuses indications, d’autant que en sus de la conjonction Neptune/Ketu/Mars, ils sont également au parallèle de déclinaison (P) du Soleil et de Neptune : 

Les extraits qui suivent sont tirés de L’astrologie et la mécanique de la pensée. Attention, ce sont des morceaux choisis, qui illustrent la nature cachée du photographe. Souvenons-nous que ces mêmes aspects ont également des connotations positives et que toute personne ayant Mars associé à Ketu n’est pas un violeur potentiel, et que les conjonctions Neptune/Ketu ne font pas forcément des pervers dissimulés (bien au contraire)! 

Ketu conjoint Neptune :   
(….) Épreuves liées à des compulsions nocives, à la culpabilité, à la trahison, à la foi et aux croyances collectives, à la confusion des émotions (….) 

Rahu P à Neptune :  
Élévation sociale, éventuel succès notable par le biais de l’imagination, de l’art, de l’inspiration (…) . Insatisfaction fréquente même quand la réussite est au rendez-vous.

Mars P à Rahu
(…) Une sexualité exigeante et souvent obsessionnelle donne naissance à des circonstances conflictuelles. Au pire on est soi-même un agresseur (…) . Des pensées secrètes, pulsionnelles et coléreuses empoisonnent l’organisme. Colère envers soi-même associée à des craintes, des frustrations et des insatisfactions. 

Mars conjoint à Ketu
Possibles compulsions dangereuses pour soi-même ou pour autrui (…) . La sexualité est exigeante ou compulsive et difficile à satisfaire. 

Soleil P à Rahu
La brillance extérieure dissimule une part obscure. La volonté de droiture et la noblesse solaire sont ternies par des secrets et des dissimulations. Danger de disgrâce ou de chute.

Soleil P Ketu :  
Au pire la volonté affaiblie laisse libre cours à des compulsions qui ternissent la droiture et la noblesse solaire avec des conséquences négatives sur la réputation et l’estime de soi. 

                                                                                   

Flavie Flament, le 2 juillet 1974 à Valognes dans la Manche à 04h50

Le thème de Flavie Flament qui a révélé la première la face cachée de David Hamilton, montre une Vénus en XII (souffrances secrètes dues à l’astre du charme et de la beauté), opposée à Neptune (illusions, association amour/souffrance, douleur d’avoir été trahie et sentiment de culpabilité), ce dernier conjoint à la Lune qui maîtrise l’ascendant (souffrance mentale, psychisme sensible et vulnérable, regrets, illusions perdues … ). Mercure conjoint à Saturne indique de fortes capacités intellectuelles, mais également de mauvais choix concernant ses partenaires (Saturne maître du DS) et un durcissement mental qui peut en résulter. Le carré de ce même astre à Pluton souligne une belle capacité à comprendre les rouages secrets, cachés et parfois inavouables de l’esprit, des instincts et des émotions. Rahu et Ketu sont liés à la Lune (conjointe à Rahu) mais aussi au Soleil et à l’AS par des parallèles de déclinaison.  
« Contact avec le public facilité et propice à la popularité et au succès. (…) anxiétés, mémoires figées ou refoulées et préoccupations secrètes ». (2)

L’axe VI/XII ainsi marqué indique une capacité à servir, à se guérir soi-même (Lune maître de la I en VI) et à guérir les autres en s'élevant (Jupiter, maître d’une grande partie de la VI, culmine en domicile dans les Poissons).



Fidel Castro Le 13 août 1926 à Biran Cuba à 2h00 (heure de naissance controversée)


Vu son âge nous ne chercherons pas des significateurs précis concernant sa mort. 

Le Soleil (la quête de la lumière), maître en Lion, amplifié par l’opposition à Jupiter (la quête de la justice), au carré de Saturne (force mentale puissante mais complexe d’abandon dû à une situation paternelle complexe) et conjoint à Neptune (désir de communion, idéalisme mais relation déficiente au père) fut un homme brave et puissant. (1)

Uranus culminant au parallèle de la Lune, montre une destinée marquée par une élévation soudaine ainsi qu’un mental révolutionnaire. 

Dans ce cadre prometteur, Pluton, l’astre du pouvoir et de la recherche de l’intensité des sensations, est particulièrement intéressant à observer :

- Même sans user de l’AS à cause de l’heure de naissance controversée, on remarque la Lune à son carré : les instincts et la pensée sont particulièrement intenses et possiblement obsessionnels. 

- Vénus parallèle à Pluton renforce l’intensité des sensations qui sont puissamment désirées, avec une propension à détruire la beauté. Il s’agit de se guérir d’une certaine mésestime de soi dans la domination et la séduction, de se faire aimer, même de force … Le goût de la manipulation et les penchants matérialistes sont présents. 

- Rahu, lié aux complots, à la jouissance matérielle, à la peur de perdre ce que l’on a obtenu est conjoint à Pluton, amplifiant les aspects précédents. Cette conjonction nourrit l’archétype du révolutionnaire (Uranus culminant) se transformant en dictateur. Fidel Castro a sans doute crû en l’humanisme (Uranus P Lune), mais l’obscurité plutonienne associée à la colère, à l’anxiété et à l’insatisfaction propres à Rahu s’en sont mêlés. 

« La soif d’expériences et de jouissances matérielles est favorisée, mais jamais étanchée et cause d’insatisfaction. Fréquentations nocives ou dangereuses, désir de réussite exigeant, goût du secret et de l’exercice de la domination, attachement à l’intensité du vécu. Amplification du pouvoir, des craintes et des obsessions. (…) Psychologiquement, spirituellement ou tangiblement, la mort que l’on désire contrôler joue un rôle important dans la destinée. (…)» (3) 


Nicolas Sarkozy, le 28 janvier 1955, Paris à 22h00

Nicolas Sarkozy a été jusqu’au bout fidèle à son thème marqué par Mercure, le maître de l’AS (en charge des promesses du thème par le biais du comportement), au carré de Saturne (l’obstacle, le durcissement mental, les mauvais choix). Cette configuration (partagée avec François Hollande !) est typique de ceux qui se mettent eux-mêmes des bâtons dans les roues, à cause d’une propension marquée à refaire les mêmes erreurs, conséquence d’une vraie difficulté à intégrer ses leçons, d’autant que cette configuration est aggravée par le demi-carré de Mercure à Mars (agressivité verbale, choix impulsifs) et à la Lune (désordre de la pensée). Son joli trigone Mercure/Neptune (l’art de convaincre empathiquement par les paroles) ne fonctionne plus, sans doute parce qu’il fut trop utilisé:   «Les deux astres sont influençables et les talents octroyés œuvrent parfois au service d’aspects plus durs, symboliques de domination et de manipulation » (4)

Nul n’est prisonnier de son thème : Nicolas Sarkozy pouvait sans doute mieux faire en s’appuyant sur son sextile Mercure/Vénus (cultiver la gentillesse) et son quinconce à Uranus (s’orienter vers un humanisme révolutionnaire).


                                                                       
Alain Juppé le 15 août 1945, Mont-de-Marsan à 4h00

Alain Juppé montre une personnalité complexe et bouillonnante, mais dissimulée par Saturne au lever : l’astre lié à la force mentale indique une grande maîtrise de soi mais n’en fait pas un boute-en-train, sans compter la frilosité qui l’a desservi les dernières semaines de la campagne. Associé au temps, Saturne ainsi placé n’aide pas quand on est le plus âgé des candidats.  

Egalement marqué par des parallèles d’Uranus, des noeuds lunaires et de Pluton, l’AS décrit un homme avide de pouvoir et ambitieux (Pluton et les noeuds lunaires), directif (Uranus), mais trop intelligent (Uranus encore) pour ne pas mesurer la futilité de ses ambitions, ce qui peut l’amener à jouer inconsciemment contre son camp : Rahu le pousse au déploiement du moi, alors que Ketu le tire vers le détachement. 

Egalement présente au lever et au parallèle de Mars et de Saturne, Vénus indique un tempérament passionné sous une apparente froideur, ainsi qu’un grand désir d’être aimé. L’AS, Vénus et Saturne au trigone de la Lune en Scorpion décrivent une pensée sérieuse et créative (Lune en V), quoique intense et obsessionnelle (Lune carré à Pluton).

Si l’on ajoute la conjonction Mars/Uranus (radicalité de l’action), au sextile du Soleil en Lion (quête humaniste, loyauté), on mesure la force du thème d’autant qu’on le sait intellectuellement brillant (Mercure en Vierge), même si au demi-carré de Saturne cet astre lui fait encourir des risques de mauvais choix et de durcissement mental. 

La complexité du thème réside dans les nombreux parallèles de déclinaison à l’AS (le moi) et au DS (les associations). C’est le cas de Mars et de Saturne, qui expliquent entre autres des circonstances adverses dues à des mauvais choix associatifs …. Ce problème est renforcé par la conjonction Jupiter/Neptune (accorder sa confiance à des gens qui ne la méritent pas), invitant ainsi la trahison. 

Pour résumer, Alain Juppé est pour beaucoup son propre adversaire : Mars en XII, la maison de l’ennemi secret, au parallèle de l’AS, le moi, et de Saturne (l’obstacle) provoque nombre de difficultés. Le mélange de gentillesse (Vénus), de détermination teintée de recherche sécuritaire (Saturne), de radicalité parfois excessive (Uranus), et de passion et violence intérieure (Mars) n’est pas facile. 

Alain Juppé bénéficie en ce moment d’un trigone naissant de Saturne en Sagittaire à son Soleil, alors qu’Uranus adresse la même figure à partir du Bélier. Il reste ainsi en bonne position malgré les sondages contraires, mais il est sous la menace de Jupiter qui transite au carré de son Saturne : une configuration classique capable de frustrer d’une victoire que l’on croyait acquise. Peut-être est-ce pour son bien? peut-être a-t-il (a-t-on) mieux à faire que de devenir président ? 


François Fillon, le 4 mars 1954, Le Mans à 21h15


La remontée spectaculaire de François Fillon qui stagnait dans les bas-fonds des sondages, correspond très précisément au transit de Jupiter (celui qui favorise), sur son AS (le moi). Si nous ajoutons Neptune (l’empathie collective, l’identification des masses), qui sévit à proximité de ses deux luminaires en Poissons, l’on réalise que les deux maîtres de son signe solaire travaillent puissamment pour lui en ce moment. 

La double nature, naturelle aux Poissons, est ici très marquée

Vénus (la quête des sensations agréables), exaltée, au parallèle de la Lune (les préoccupations mentales) et de l’AS Balance qu’elle maîtrise (le comportement), proche du Soleil (le désir d’être approuvé, de correspondre à un modèle bon et beau), au carré de Jupiter (l’amplification du plaisir et du désir d’aimer et d’être aimé) et au quinconce de Pluton (l’association de la séduction et du pouvoir), décrit un homme charmeur, émotif, marqué par la nécessité de séduire et de plaire. Neptune en première maison renforce la vulnérabilité psycho-émotive, tout en entretenant une perception illusoire du moi par lui-même : celui-ci s’imagine sincèrement être bon et gentil.

Saturne en Scorpion, au trigone du Soleil, de la Lune et de Mercure prouve une force mentale harmonieuse, disciplinée, capable de planifier à long terme. La réflexion est riche et profonde, le moi faisant preuve de retenue et de tempérance, appréciant l’enracinement et la famille (Saturne maître du Fond du Ciel). En Gémeaux, Jupiter en IX montre le goût pour l’étude, l’expansion de la conscience et une spiritualité marquée par la foi et la tradition.

La seconde nature souligne Mars, qui joue un rôle extraordinaire dans ce thème (5). 

- En Sagittaire en III, il parle d’un puissant désir de conquête et de justice soutenu par une certaine rigidité mentale.

- Le carré de Mars au Soleil, à la Lune et à Mercure, contracte la volonté, fait le mental tendu, révolté, coléreux, agressif, instinctif, nerveux et rancunier, excité, impatient, irritable, mordant, impulsif dans ses choix, téméraire mais facilement effrayé, belliqueux … 

- Son opposition à Jupiter amplifie la colère qui s’exprime dans le combat, les croisades personnelles, la compétition, la volonté de s’imaginer être gardien de la vérité ou de la foi (Jupiter en IX). Si Jupiter montre des orientations philosophiques, son parallèle à Pluton favorise les puissances financières, l’ambition et le goût du pouvoir. 

- Le fait qu’Uranus au parallèle de Jupiter et de Mars s’en mêle, indique un fort penchant à l’autoritarisme, une vraie radicalité dans la pensée et possiblement dans l’action, par le biais d’un jugement tranché du bien et du mal. La fin pourrait justifier les moyens d’autant que l’on se persuade détenir la vérité. 

- Le parallèle de Mars aux noeuds lunaires couronne le tout, provoquant des inimitiés sérieuses et possiblement dangereuses (Mars maître de la VII), amplifiant l’ambition, l’impulsivité et la colère, le désir, le sens de la compétition et la volonté impérieuse de réussite. Attention, la cohabitation de la crainte et de la bravoure et du désir et du détachement, perturbe le sens de l’action. Les compulsions sont puissantes. 

L’ensemble des aspects de Mars parlent d’une véritable guerre intérieure, quoique adoucie par la nature vénusienne : le gant de velours Poissons/Balance cache bien une main de fer marsienne. Le Soleil et Vénus au trigone d’Uranus culminant poussent vers une élévation soudaine, avec les dangers de cet astre conjoint à Ketu (les soubresauts et les surprises de la destinée) : la tentation compulsive de l’autoritarisme et les possibilités de chutes, car cette configuration réussit mieux aux occultistes qu’aux politiciens. Très marquée, la maison VI, indique pourtant que François Fillon est plus bâti pour servir que pour diriger, mais l’ambition ne le lâchera sans doute pas : élu ou pas (le transit de Ketu sur ses luminaires indique une destinée en plein bouleversement), pour son salut et peut-être celui de ses concitoyens, il doit comprendre que Mars, le guerrier, est à transformer en serviteur. 



(1) « Fidel Castro (…) est le fils d'Ángel Castro Argiz, immigrant galicien analphabète, devenu riche propriétaire terrien, et de sa cuisinière d'origine espagnole née à Cuba, Lina Ruz González, alors que don Ángel est encore marié, père de cinq enfants, et que le divorce est impossible avec son épouse délaissée (Angel devenu citoyen cubain en 1941 épouse Lina en 1943 lorsque la Constitution légalise le divorce). Sept enfants naissent hors mariage, Fidel est le 3e et Raúl le 4e (des rumeurs font de Raúl un demi-frère de Fidel, la mère de Fidel l'ayant eu d'un sergent, Felipe Miraval métissé chinois et mulâtre, qu'Ángel Castro Ruz a reconnu néanmoins, après la prononciation du divorce avec sa première femme). Fidel, enfant illégitime, est placé à l'âge de 5 ans à Santiago de Cuba, et ne sera baptisé, de père inconnu, qu'en janvier 1935. Il ne sera reconnu officiellement par son père, et ne prendra le nom de Castro, qu'en décembre 1943 ». Wikipédia

(2) L’astrologie et la mécanique de la pensée (Rahu conjoint à la Lune)

(3) Ibid. (Rahu conjoint à Pluton) 

(4) Ibid. (Mercure en aspect harmonique à Neptune). 

( 5) Le thème de François Fillon n’est pas sans nous faire penser à celui de Recep Tayyip Erdogan, l’homme fort de la Turquie, né une semaine avant lui. Les astres montrent des positions très similaires dans les deux thèmes, avec chez Recep Tayyip Erdogan une conjonction Lune/Mars, quand chez François Fillon il s’agit d’un carré ….

vendredi, novembre 11, 2016

Léonard Cohen, Donald Trump et Neptune


« Dance me to the wedding now, dance me on and on
Dance me very tenderly and dance me very long
We're both of us beneath our love, we're both of us above
Dance me to the end of love
Dance me to the end of love »

Léonard Cohen


Léonard Cohen, le 21 septembre 1934, Montréal à 6h45 am.

Je confesse appartenir aux millions de terriens qui disséminés sur la planète entière ont ré-écouté, émus, certaines des plus belles chansons de Léonard Cohen, Suzanne entre autres, dont j’avais travaillé les arpèges à la guitare et appris par coeur les paroles anglaises mais aussi françaises, grâce à l’excellente version de Graeme Allwright. 

Voilà Neptune dans toute sa splendeur, l’astre qui rassemble, qui nous fait sentir qu’au-delà des différences nous sommes toutes et tous une petite cellule de l’organisme humanité. Léonard Cohen, dont le thème montre une conjonction Vénus/Neptune en XII (amour, fusion, communion mais aussi souffrance) et dont la Lune en Poissons est au parallèle de Neptune (mélancolie, romantisme, porosité psychique) et de Mercure (inspiration, éloquence) a su brillamment cristalliser cet astre dans sa poésie et sa musique. Il nous a fait toucher cette sensation magique, étrange, mystérieuse qu’au-delà de nos pensées bruyantes, de nos intellects calculateurs, de nos peurs et de nos souffrances, jaillit et vibre une source commune faite de lumière et de communion. 

Donald Trump né le 14 juin 1946, Jamaica (NY) USA à 10h54

Mais Neptune, comme tous les astres, comme l’humanité, possède son coté obscur, ne serait-ce que parce qu’il incarne l’empathie et que celle-ci est positive (elle influence) et négative (elle est influencée). Ainsi Neptune s’associe à l’illusion et à l’identification. Et je confesse à nouveau appartenir aux millions de terriens attristés par la victoire de Donald Trump (1). J’y ai vu, au-delà de la victoire de la violence due à un Mars rugissant au lever (la brutalité du comportement), au demi-carré de Mercure (l’agressivité verbale), Neptune bien sûr, mais sous son aspect défavorable, capable de pousser une foule à s’identifier à des idées violentes et séparatrices, filles de l’insécurité et de l’ignorance. Déjà agressé par Mars, le Mercure de Trump est également au carré de Neptune, un aspect qui « peut » (cela dépend du reste du thème) s’associer aux mensonges et aux dissimulations.

Certes Pluton (le pouvoir, la finance) en XII (le secret), au parallèle de déclinaison du Soleil et des noeuds lunaires (le culte du pouvoir et l’obscurcissement de la lumière) tire les ficelles des coulisses, mais sans Neptune associé aux influences collectives, à l’aveuglement des masses, on ne peut imaginer cette majorité de mécontents, souvent matériellement démunis, s’identifier à un homme qui fut milliardaire toute sa vie et qui n’a aucune idée de ce qu’ils vivent réellement.

Ainsi va Neptune, car comme il en fut question à propos de son carré à Saturne (qui s’achève ces jours-ci, juste un peu trop tard), cet astre s’enchâsse au coeur de la psychologie des masses. Il nous fait parfois visiter des paradis sublimes de beautés poignantes et subtiles, mais sait aussi hélas, nous apporter le malheur sous le biais de l’illusion et de l’identification que les dictateurs du monde entier manient avec virtuosité (2). 

La cause en est qu’il nous est difficile de faire la différence entre la sentimentalité (captive du moi égoïste et de l’attachement aux sensations émotives, responsable de l’exaltation aveugle des masses), appartenant à un Neptune négatif, et l’amour vrai qui est libre, ferme, libéré des craintes et des apitoiements, appartenant à un Neptune positif (la quête de la dissolution du moi). 

En ce sens, Neptune, comme le libre-arbitre que défendent les astrologues au contraire de la plupart des philosophes, doit être conquis par l’intelligence. Celle-ci brille au coeur de l’astrologie savante, qui nous permet de soulever le voile des illusions et de jeter un coup d’oeil pénétrant comme un rayon laser dans les motivations profondes et les mobiles secrets que cachent les politiciens vêtus de paillettes.

Un mot pour terminer : au revoir Léonard Cohen, merci pour tout. 

(1) Une analyse poussée de son thème à paraître bientôt. 

(2) Il ne s’agit pas de diaboliser outre mesure Donald Trump et de penser que Léonard Cohen fut un saint. L’astrologie est bien plus subtile et complexe, de même que l’est l’âme humaine. Trump pourrait (même si l’on a malheureusement peu d’espoir) s’avérer un vrai révolutionnaire (Uranus est conjoint au Soleil et opposé à la Lune) à condition de ne pas tomber dans l’autoritarisme et l’extrémisme. Et Cohen (qui montrait un Mars étonnamment difficile (conjoint à Ketu, au parallèle des Noeuds , opposé à Saturne et au demi-carré du Soleil et de l’AS) vécut sans doute, comme chacun d’entre nous, ses parts d’ombre.

mardi, novembre 01, 2016

Changer le monde


Je suppose (j’espère) que nombre d’entre nous ont été choqués par le dernier rapport du WWF (1), parlant de la disparition de 58% des vertébrés en une quarantaine d’années, révélant non pour la première fois que l’humanité agit comme un véritable virus détruisant toutes les autres espèces vivantes à une vitesse alarmante et sciant ainsi la branche sur laquelle elle est assise. Pourquoi se demande-t-on, notre soi-disant intelligence, mère de nos cultures diverses et variées, de notre sophistication artistique, philosophique et technologique a-t-elle engendré un comportement aussi destructeur?  

Les réponses à cette question sont sujettes à débat, mais deux faits fondamentaux sont à comprendre. Le premier est que nous sommes le monde et que le monde c’est nous. Le second est que pour changer le monde, la conscience humaine doit se transformer : se changer soi-même c’est changer le monde. Car si nos modes de vies n’ont cessé d’évoluer, nos esprits restent entièrement captifs de la peur, de l’envie, de l’indifférence et forcément de l’intérêt personnel et c’est ainsi que nous détruisons la merveilleuse planète qui nous a vu naître. Dans ce cadre qui nous concerne tous, l’astrologie à la fois si ancienne et si moderne, capable de proposer un modèle cohérent des relations entre le psychisme et la matière (2), doit contribuer à changer le monde par le biais de la transformation des consciences. C’est même là, peut-être, son rôle principal.

Un thème astral, n’importe lequel d’entre eux, est une véritable merveille, une architecture sublime, porteuse de tous les secrets du moi. Les structures les plus profondes de l’esprit, celui-ci comprenant les sensations, les émotions, la réflexion et leurs inter-actions y sont inscrites. Un thème est une identité cosmique révélée, un lien évident, clair, transparent qui nous unit à un univers qui cesse ainsi d’être indifférent. Cette indifférence, qui est avant tout la notre, est peut-être notre pire ennemie, puisque nous ne réagissons plus, comme si nous étions anesthésiés, si habitués que nous sommes aux plus sombres nouvelles. 

L’indifférence est à l’opposé de la passion et de l’amour. Les aspects de Mars et de Vénus, amplifiés ou restreints par Jupiter et Saturne, indiquent souvent le degré de passion d’un être, de la fougue ardente à la passivité apathique. Cependant, même lorsqu’elle semble se manifester, son expression reste soumise à l’intelligence. C’est pourquoi si nous nous « passionnons » pour la mode, notre smartphone, la dernière série américaine et bien entendu le sexe et le pouvoir, très peu d’entre nous injectent la même énergie dans l’exploration du moi. A ce propos Krishnamurti avait coutume de demander pourquoi nous semblons incapables de mettre dans la libération de la peur, autant d’énergie que nous en mettons dans la recherche du plaisir?

Ces lignes de raisonnement nous amènent à penser qu’une astrologie intelligente et moderne se doit d’être spirituellement orientée, cela signifiant qu’elle doit participer au changement profond de la conscience, seule façon de nous sauver. Or changer la conscience nécessite l’examen approfondi de la substance de la peur (3), de l’envie et du désir. La colère, la brutalité, l’indifférence, la poursuite du plaisir sont à explorer en profondeur, de même que les mécanismes complexes de la pensée brouillés par les motivations profondes et les mobiles secrets. Changer la conscience nécessite également l’approche subtile des opérations psychologiquement destructrices, que nous performons quotidiennement, telles que la comparaison ou le jugement, appliqué aux autres ou à soi-même…

Ces explorations, ces examens minutieux, ces plongées dans les secrets de nos consciences, s’inscrivent dans la géométrie céleste par le biais de Pluton (de l’intérêt personnel né de la crainte de l’anéantissement, à la régénération), de Neptune (de la soumission aux influences collectives, à l’empathie positive capable d’influencer la société), d’Uranus (de l’autoritarisme et de la radicalité mentale, à l’éveil à la liberté par la perception directe de la vérité), de Saturne (de la frilosité et de la résistance à la rugosité du réel, à la patience et à la sérénité), de Jupiter (du contentement aveugle du privilégié, à l’expansion de la conscience et à la compassion), de Mars (de l’agressivité brutale et guerrière au service et à l’esprit chevaleresque), de Vénus (du plaisir égoïste et de la sentimentalité, à la beauté et à l’amour), de Mercure (de la survie par la ruse sournoise à l’intelligence libératrice), de la Lune (du poids étouffant des mémoires et de la quête de la sécurité, à la fécondité de l’esprit  libéré du passé) et du Soleil (de l’éblouissement arrogant du moi à la noblesse du héros). On ajoutera à cette liste les noeuds lunaires (de l’attachement au moi, à la spiritualité qui s’en détache) ainsi que l’ascendant, qui représente ce moi et son comportement, qui décide de la façon dont nous usons, ou pas, des promesses de notre thème.

Ainsi conçue l’étude et l'interprétation d’un thème astral, c’est-à-dire de l’identité cosmique de l’individu concerné, initiera ce dernier à la vraie révolution dont nous ne pouvons faire l’économie. Cela crève les yeux : à quoi bon s’enrichir, à quoi bon faire des enfants, à quoi bon survivre même, sur une planète désenchantée, dépouillée de sa magie, privée d’amour et de beauté?  


(1) « Alarmant par son rythme, le déclin de la biodiversité du globe menace la survie des autres espèces et de notre propre avenir. La dernière édition du Rapport Planète Vivante rappelle à la fois la gravité de la situation et les solutions à portée de main pour commencer à y remédier. L’Indice Planète vivante révèle que les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont régressé de 58 % entre 1970 et 2012. Or, à moins d’entamer dès maintenant la réforme de nos systèmes alimentaire et énergétique et d’accomplir les engagements globaux pris pour lutter contre le changement climatique, protéger la biodiversité et soutenir le développement durable, ce pourcentage aura franchi le seuil des deux tiers rien qu’en l’espace du demi-siècle 1970-2020. » (Rapport planète vivante 2016)

(2) « L’astrologie participe pleinement à une conception philosophique et spirituelle des énigmes de l’existence. Loin d’être absurdes ou accidentelles, la vie et la destinée s’imbriquent dans la trame d’un univers où la présence et la géométrie mouvante des astres se révèlent aussi essentielles au psychisme que la matière de nos cellules ou que l’air que nous respirons. Nous savons que la Lune, de par son rôle avéré concernant la stabilité, le climat et la biologie terrestre s’est montrée essentielle à l’apparition de formes de vie complexes. Est-ce aller trop loin que de se demander si, de la même façon, le psychisme tel que nous le connaissons, serait apparu en l’absence de l’architecture astrale du système solaire ? Cette hypothèse expliquerait l’ensemble des phénomènes astrologiques, car dans ce cas le ciel intérieur serait une réalité aussi tangible que symbolique, les astres et leurs déplacements participant à la genèse et à la continuité du psychisme ». L’astrologie et la mécanique de la pensée

(3) Voir Initiation à la guerre intérieure

vendredi, octobre 07, 2016

Aimer Saturne

« La façon dont il se manifeste nous appartient en grande partie et c’est là qu’est sa clef. Saturne est lié au libre arbitre. A travers lui nous réalisons, souvent trop tard, combien nous sommes responsables des hauts et des bas de nos destinées ».
(l'astrologie et la mécanique de la pensée)

S’il en avait connaissance, l’enfant qui n’aime que courir, sauter, jacasser et jouer toute la journée n’aimerait pas ce Saturne qui le tenaille, le rabroue souvent, le force à s’instruire, à se discipliner malgré les puissantes forces qui l’animent et à apprendre à respecter les règles de la vie collective. Pourtant, lorsqu’il se concentre de longues et patientes heures durant à bâtir de fabuleux objets avec ses legos, il ignore croître déjà dans son ombre et combien l’astre du temps lui offrira peut-être, plus tard, de merveilleux plaisirs.

L’adolescent pour qui la restreinte, la tempérance ou encore l’attente, c’est-à-dire l’épaisseur ennuyeuse du temps sont souvent insupportables, peine peut-être plus encore à apprécier Saturne, lié à la frustration et à son mal de vivre : l’astre des obstacles incarne la rugosité d’une existence où tout n’est pas huilé, facile, glissant comme on le voudrait, où l’on doit patienter quand on désirerait tout maintenant, et où l’on est déçu de découvrir que les rêves de l’enfance ne sont pas si simples à réaliser.  

Difficile en fait d’apprécier Saturne avant le cap des 29 ans, quoique ça se soit vu, lorsqu’il revient à son point de départ. Et pour la plupart d’entre nous, c’est bien trop tôt encore, car la jeunesse et ses désirs, ses ambitions et ses arrogances égoïstes et inconscientes n’en a pas fini avec nous, loin de là. Pourtant il poursuit son travail, nous enseignant la réflexion, l’introspection, l’acceptation, patiemment, sachant bien entendu qu’ultimement le temps est de son coté.  

Et en progressant vers la maturité, ce qui arrive plus vite qu’on ne le croit, si l’on apprend à s’arrêter, à s’observer, à s’examiner, on se surprend à apprécier de plus en plus cet astre grave, difficile, sans compromission ni malice, grâce auquel nous sondons lentement les strates profondes et cachées de nos consciences. 

Certes, Uranus offre des intuitions brûlantes de clarté, incisives comme des rayons lasers illuminant en un millième de seconde le paysage mental d’un éclair éblouissant, mais les ténèbres retombent bien vite. Il revient à Saturne de solidifier ces intrusions magiques de l’intelligence et de les appliquer à notre quotidien. Moins spectaculaire, il nous fait marcher pas à pas et le terrain conquis l’est pour de bon.

Neptune offre la communion et l’empathie qui entraînent dans une danse enivrante nos esprits, nos corps et nos coeurs. A travers lui, la frontière entre le moi et le reste de l’univers s’estompe parfois, nous rapprochant d’une sorte de dissolution qui n’est pas dénuée de bien-être. Mais à moins que Saturne, le socle de la spiritualité ne nous garde, nous risquons fort d’être les victimes de l’illusion de la croyance, des influences collectives, des identifications émotives, de la toxicomanie ou de l’alcool. Saturne, l’astre de la force mentale, indispensable aux neptuniens tels que les peintres, les danseurs ou les musiciens, cristallise ces instants fugaces, libère des illusions et donne chair et réalité au savoir que le monde c’est moi et que je suis le monde.

Saturne, le sage, sous-tend ainsi l’entièreté du système astrologique dont la finalité est la réalisation de soi. Mercure nous enrichit de myriades d’informations et nos esprits virevoltent sous sa touche légère par la multiplicité des idées, la subtilité des raisonnements et la brillance des paroles, mais sans Saturne il reste vain et superficiel, échoué à jamais à la surface du mental. Vénus distribue ses perles de beauté et de sensualité, sa délicatesse esthétique, sa gentillesse et sa joie d’aimer, mais Saturne « Celui qui purifie » extrait l’amour de la sentimentalité égocentrique, faite de possessivité et de souffrances. Par lui le Soleil noble et loyal se débarrasse de son arrogance orgueilleuse. Par lui la Lune instinctive, incarnation du moi changeant ébloui par ses innombrables reflets, apprend lentement son peu d’importance. Par lui Mars, sans lequel nous n’oserions combattre nos peurs, mais que la colère et l’agressivité obscurcissent, apprend à servir. Par lui le grand Jupiter, roi et protecteur, mais aussi jouisseur impénitent pris au piège de la satisfaction de soi et souvent indifférent à celle des autres, se fait voyageur des contrées intérieures, c’est-à-dire philosophe. Pluton lui-même, malgré ses nombreuses obscurités et sa quête incessante des sensations, apprend à libérer et à régénérer s’il laisse Saturne lui enseigner comment regarder la mort en face. Quand aux noeuds lunaires, à Rahu et à Ketu, il n’est pas question qu’ils fabriquent le nectar d’immortalité sans passer par lui. 

Le temps de Saturne, Jupiter et Uranus

Consacré à Jupiter en Balance, le dernier billet montrait comment cet astre a capacité à nous apporter ce dont nous manquons le plus actuellement : l’expansion de la conscience, par le biais de la philosophie, de la tolérance, de l’émergence de nouveaux paradigmes de la pensée et par l’éveil à la finalité de nos existences. Le roi du ciel adresse  deux longs sextiles à Saturne (du 7 octobre 2016, plus ou moins, au 12 mars 2017 puis de la fin juillet à début octobre 2017  ), alliant inspiration et structure, philosophie et réalité du vécu. 

Cette belle entente se fait sous le patronage du long trigone de Saturne à Uranus (de la mi-novembre 2016 au solstice d’hiver 2017!), ce qui les associe harmonieusement et intelligemment, offrant  de la structure, de la densité et de la profondeur à la perception directe et intuitive de la vérité, tout en facilitant son application à notre quotidien. Ainsi, quoique nous traversions une bien sombre période, peut-être n’est-il pas vain d’espérer qu’un peu de sagesse éclaire nos esprits et nos coeurs ces temps prochains.

Saturne et la méditation

Si l’on pratique l’astrologie on gagne beaucoup à savoir « sentir » les moments astraux : le plus souvent c’est la Lune qui nous connecte aux planètes ou au Soleil, par l’intermédiaire de notre thème, mais aussi, en relation avec l’astrométéo mondiale, qui n’a rien à voir avec l’horoscopie industrielle. 

La pratique aidant, sans avoir à consulter les éphémérides, on aiguise sa sensibilité et l’on reconnaît, mentalement, émotionnellement et même physiquement, les astres qui dans leur ronde incessante nous inspirent, nous tourmentent parfois et nous enrichissent toujours.  

Saturne ce peut être l’humeur qui se fait soudainement maussade, sombre, pessimiste peut-être, semblant ôter la fantaisie et le piquant de l’existence. Ou encore l’on se sent sérieux, pondéré, réservé, peu enclin à rire, plus enclin à chercher, à étudier, à penser. Maintenant, si l’on a travaillé Saturne, si l’on a su l’apprivoiser, c’est-à-dire le laisser nous enseigner sa voie, le voilà qui nous prend par la main. Nos pensées calmées, ralenties, détachées du moi baignent alors dans une sorte de densité sereine, riche, enveloppante, comme si nous étions soudainement transportés au sommet d’une montagne, le regard tourné vers l’intérieur et pourtant capable de voir jusqu’aux confins de la terre. On sait alors que sa bénédiction est sur nous. Saturne incarne la méditation au sens le plus précis du terme, qui est l’émergence d’un silence empli de tous les possibles. Dans ces moments là, vraiment, on aime Saturne. 






vendredi, septembre 30, 2016

Supplique à Jupiter en Balance


« Jupiter, le roi du ciel, provoque l’expansion de l’esprit par l’étude, le voyage, le cosmopolitisme, la philosophie et la spiritualité. Il symbolise l’envol de l’esprit vers les idées pures et les abstractions. Compatissant et humaniste, associé aux explorations aventureuses des pays lointains comme à celles des vastes espaces intérieurs, il conduit normalement vers une libération des geôles physiques et psychologiques ». 


Dans L’astrologie et le sens de la vie il a été question de la façon dont la science des astres sait éclairer l’esprit et vivifier le coeur parce qu’elle offre une identité cosmique à l’individu-fourmi égaré dans les infinités de l’univers tout en soulignant la question de la finalité de son existence. Elle n’est pas une croyance, celle-ci est même son ennemie mortelle, mais sa véracité, qui crève les yeux dès qu’on s’y intéresse sérieusement, nous ramène sans cesse aux plus anciennes questions sur lesquelles réfléchissent les sages et les philosophes depuis la nuit des temps : la conscience, la mort, l’amour, la peur, la divinité et ainsi de suite …. 

Et lorsque nous remontons aux origines des terribles maux qui tourmentent nos sociétés, de la brutalité inhumaine à la  destruction incessante de la nature, que nous réalisons qu’elles tiennent toutes entières dans nos mentalités étroites de plus en plus indifférentes à la vie et à l’amour, nous réalisons combien ces explorations sont précieuses. L’avidité, l’intérêt personnel, l’égoïsme, la dureté, l’indifférence et surtout la peur, notre compagne commune et secrète, sont responsables de cette période difficile et ne nous leurrons pas, dangereuse, que nous traversons (1). Or malgré notre sophistication et notre modernisme, nos progrès dans le cadre de la psychologie et des neurosciences et ne l’oublions pas, nos millénaires d’investigations astrologiques, nous n’avons pas fait le moindre progrès les concernant. 

Qu’y peut Jupiter? 

Associé à l’expansion de la conscience, à la compassion, à la philosophie, à la tolérance, aux opportunités favorables et à la sérendipité, Jupiter maître du Sagittaire et des Poissons maîtrise les grands voyages dans le monde et les grands voyages intérieurs. En quête de justice et de spiritualité, il nous soutient dans nos confrontations avec le gardien du seuil, le dragon de la peur. 

Ce n’est pas qu’il ne puisse causer de soucis : « Quoique Jupiter protège et favorise, il amplifie tout ce qu’il touche en bien comme en mal. La quête du plaisir avec Vénus, la colère avec Mars ou le tempérament révolutionnaire avec Uranus » (2). Il symbolise cependant le Feu philosophique, soit la capacité de s’interroger sur la finalité de la vie. Il favorise l’optimisme, la convivialité, la générosité, l’étude et la culture, l’entraide, les organisations sociales et les réseaux relationnels, l’altruisme, le pacifisme, la médecine, la confiance en soi et dans les autres, la facilité matérielle, les circonstances propices, la chance pure et la sérendipité. En bref tout ce dont nous manquons cruellement.

Jupiter en Balance

Entré en Balance le 9 septembre dernier, Jupiter y transitera jusqu’au 10 octobre de l’an prochain. La Balance qui appartient à Vénus est diplomatique, désireuse de rechercher des solutions fondées sur l’entente, la gentillesse et l’amour, états d’esprit qui valent mieux sans doute que la colère et la confrontation chères à Mars et qui semblent ne pas vouloir nous quitter.  
On dit de Jupiter en Balance qu’il fait l’humeur douce et tempérée, sincère, sérieuse, ardente, gentille, sociale et serviable. Que la compassion et l’imagination sont renforcés de même que l’amour de la paix, de la justice et de l’harmonie, de la philanthropie, des voyages, de la musique, de l’art et des loisirs culturels et qu’il permet de bénéficier des philosophes et « des êtres spirituels ». (3) Ce ne sont que des traits généraux, mais on comprend que ce transit pourrait aller dans le bon sens : gardons le conditionnel, car tout dépendra de la façon dont nous gérerons ses aspects.  

Les aspects de Jupiter  

Ce dernier trimestre 2016 et les deux tiers de l’année 2017 verront à certaines périodes Jupiter aspecter Pluton (carré), Neptune (quinconce), Uranus (opposition) et Saturne (sextile) pour ce qui est des astres les plus lents. 

Avec Pluton : carré de la mi-octobre 2016 à la mi-septembre 2017 

Pluton symbolise la crainte de la mort et les terribles efforts que nous faisons pour lui échapper, afin d’oublier, de ne pas réfléchir à cette fin annoncée, à cet anéantissement de nos moi auxquels nous tenons tant. Qu’il s’agisse d’argent, de pouvoir, d’obsessions, de recherche d’intensité, c’est la mort que nous fuyons. Pluton transite le Capricorne avec lenteur, favorisant l’ambition et le matérialisme comme solutions pour se dépêtrer de nos craintes primordiales. Il sort à peine d’un carré qu’Uranus lui a adressé 5 ans durant, corrompant les essais de révolutions humanistes (4). 

Ce prochain carré de Jupiter à Pluton pourrait amplifier un peu plus le matérialisme et la quête des sensations et ainsi épaissir le moi. Un effort est nécessaire pour nous permettre d’inverser la proposition et de se demander comment le pouvoir même de la matière, de l’argent, peut soutenir Jupiter dans son rôle de grand compatissant? C’est aux puissants de ce monde de faire les efforts nécessaires certes, de la façon la plus authentique possible et sans se laisser corrompre par le processus, mais simultanément chacun d’entre nous, aussi infimes et anonymes soyons-nous socialement, avons des efforts à faire. Le matérialisme (le culte de la matière), est à comprendre philosophiquement et spirituellement dans ce cadre de la fuite de la mort. Faisant appel aux qualités philosophiques et spirituelles de Jupiter, nous avons tous les moyens d’aider le monde à croître dans la bonne direction. 

Avec Neptune : quinconce du 10 octobre au 6 novembre 2016 et du 21 avril au 30 juillet 2017 

L’astre de l’empathie échappe bientôt aux griffes de Saturne (vers la mi-novembre) : on a vu comment le carré de ces deux astres  a eu des répercussions mondiales parfois catastrophiques, renforçant la rigidité mentale dans le cadre religieux par exemple. 
Le quinconce est un aspect évolutif, qui nécessite quelques efforts pour se déployer favorablement. Jupiter et Neptune, les deux maîtres des Poissons, ont une belle carte à jouer pendant le temps qui leur est imparti. L’essentiel est d’éviter l’illusion (Neptune) car celle-ci devient facilement un rempart contre l’insécurité et l’incertitude. De même on se méfiera des faux-prophètes, soient-ils religieux ou politiques.

Par contre, tous deux liés à la spiritualité, c’est-à-dire à la quête de la dissolution du moi dans l’accalmie de la pensée, les deux astres oeuvrant ensemble favorisent la compréhension de nos problèmes fondamentaux liés aux émotions. Pour être écartée, la peur demande qu’on ne lui offre aucune résistance. Il ne s’agit pas de se dissimuler derrière une foi ou une croyance, mais d’aller la débusquer (Jupiter) au plus profond de soi et de la contempler fermement, courageusement, dans un parfait non-agir (Neptune). Elle est la gardienne du seuil qui permet d’acquérir lumière et vérité, mais elle doit pour cela être transformée en énergie pure, ce qui est sa véritable nature. C’est donc dans l’absence de toute résistance que la substance même de la peur se révèle et  étonnamment nous ouvre à l’amour. Active jusqu’à la mi-février 2017, il est possible que profitant des ouvertures de ce quinconce, la conjonction Ketu/Neptune, révèle aux explorateurs (Jupiter) des contrées intérieures, certaines de ses significations les plus mystérieuses. 

Avec Uranus : opposition de la mi-novembre 2016 à la fin avril 2017 puis de la fin août à la fin octobre 2017

L’éveilleur qu’est Uranus est notre outil privilégié, notre instrument de précision, celui qui permet la compréhension, la perception directe de la vérité. Si nous ne progressons pas face à la peur c’est parce que l’intellect, la pensée, l’analyse, ces instruments mercuriens, voire même l’introspection saturnienne sont impuissants. Certes ils nous aident à définir, à cerner, à délimiter, à creuser, à approfondir, mais ça n’est pas suffisant. C’est en réussissant à aller au delà de l’analyse et de la pensée, en touchant à des zones plus profondes et plus silencieuses de nos esprits que nous pouvons vraiment comprendre la peur ou l’avidité et saisir ce qu’elles sont en réalité. L’opposition de Jupiter à Uranus peut-être un bienfait, car l’esprit révolutionnaire et l’intuition sont fortement amplifiés. Il faut cependant là aussi une orientation spirituelle, afin d’éviter le fanatisme ainsi que le veut la nature radicale d’Uranus. Mais si l’orientation est correcte, alors rien n’est impossible et la conscience de l’humanité peut faire un véritable bond en avant.

Avec Saturne : sextile du 7 octobre 2016 au 12 mars 2017 puis de la fin juillet à début octobre 2017  

C’est l’une des bonnes nouvelles des mois qui s’annoncent, nous seulement Saturne s’installe au trigone d’Uranus à la mi-novembre pour 13 mois, mais Jupiter et lui s’adresseront deux longs sextiles, alliant les deux astres dans leur capacités d’inspiration et de compassion (Jupiter) et de force mentale et de structuration (Saturne), ce dernier transitant le signe de Jupiter, le Sagittaire lié à la justice, au voyage et à la philosophie. Comme rien de grand ni de sage ne se construit sans Saturne, on peut être raisonnablement optimiste et penser qu’au moins une partie d’entre nous progressera dans la bonne direction. Il reviendra à Jupiter de convoquer le « bon »Saturne, c’est-à-dire le sage, en nous aidant à comprendre comment il a souvent fort à voir avec la peur et la frilosité, s’associant ainsi aux frustrations, à l’égoïsme, à la rigidité mentale et aux contractures du coeur, alors que nous avons besoin de souplesse, de liberté, d’ouverture et de « lâcher prise ». Saturne quant à lui rendra la pareille en inspirant des conditions nécessaires au déploiement de l’intelligence telles que la simplicité et la tempérance.

Mars, Vénus et les autres ….

Le paysage astrologique change sans cesse ce qui réclame un éveil quotidien :  très liée aux préoccupations et à l’humeur mentales la Lune progresse d’un degré toutes les deux heures environ, dessinant chaque jour un certain nombre d’aspects. 

Pour ce qui est de Jupiter on sait que ses participations à la géométrie céleste amplifient. Ainsi, par exemple, Mars transite en ce moment à son carré  jusqu’au 21 octobre environ : la colère, le désir ardent, la témérité et l’impulsivité ne sont pas de reste (les bombardements d’Alep y sont liés). On essaiera pourtant de profiter de Mercure qui, du 7 au 16 octobre se conjoint à Jupiter, favorisant les rencontres, les études, la communication, les voyages, la chance …. Et dès le 20 octobre Vénus lui adressera un sextile jusqu’au 1er novembre, aspect propice en tous points, favorisant l’amour, le culturel, et l’artistique … 

Terminons en notant que cet article est rédigé en pleine conjonction Soleil/Jupiter (active jusqu’au 11 octobre), aspect lié à la droiture, à  la justice, à la lumière, à l’optimisme, à la quête des idéaux et à la réussite. Ce rapide tour d’horizon semble d’ailleurs indiquer que les temps qui viennent pourraient apporter un peu de lumière. Jupiter est le roi du ciel : le sage et le dicton populaire disent: « aide-toi, le ciel t’aidera ». 


(1) De nombreux chercheurs étudiant le réchauffement de la planète pensent que nous atteindrons « the climate tipping point », c’est-à-dire le point de bascule climatique vers 2035, menaçant la civilisation humaine car il deviendrait impossible de revenir en arrière.  


(3) Cf. Llewellyn dans « A to Z astrology horoscope maker and delineator » … L’auteur y parle aussi de possibles problèmes légaux, de procès, d’ennemis déclarés, de trahison de la part des femmes, d’amis ou d’associés. Point de vue intéressant si l’on se réfère au thème astral de Nicolas Sarkozy, avec Jupiter qui transite actuellement sa maison I (amplification du moi), en opposition à son Mars en Bélier dans la VII (les ennemis déclarés). 

(4) Pluton incarne le transhumanisme qui s’est fort développé lors du transit de 5 ans d’Uranus à son carré. Il s’associe à l’hérédité et à l’immortalité du corps alors qu’Uranus favorise les technologies nouvelles. Ces orientations ne sont pas nocives en soi, mais dans le cadre du carré elles ont encouragé l’humain à jouer la carte de la matière plutôt que celles de l’intelligence et du coeur. 


samedi, septembre 10, 2016

Rendez-vous à Lille

        
à propos de L'astrologie et la mécanique de la pensée                                                                                                   


lundi, août 29, 2016

Vidéo : les noeuds lunaires, de l'évènementiel au spirituel


Le dragon des noeuds lunaires : de l'évènementiel au spirituel (interview de Bernard l'astrologue par Anne Vernes enregistrée le 5 janvier 2015 sur salamandre.tv) est maintenant en ligne sur Baglis TV

CENTILOQUE


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pour une version entièrement retravaillée du CENTILOQUE, un ouvrage que j'ai publié en 1993 aux Editions Dervy: Centiloque

Extrait :

1- N°5 : caractère et destinée.

"L’astrologie dévoile les relations intimes qu’entretient le caractère avec la destinée. La destinée d’un individu est l’expression de son caractère."

Le mot caractère nous vient du grec kharaktêr, qui signifie un signe gravé.

Il signifie également ce qui est propre à une chose, son expression personnelle, son originalité. Par extension, le caractère définit l’ensemble des traits psychiques propres à un individu.

Le caractère se rapporte à la fois à l’expression originale d’un individu et à son thème astral, le signe gravé dans les cieux, qui nous représente et nous définit.

Le caractère est au départ cette infime portion de nos êtres, qui échappe au grand nivellement imposé par l’hérédité et par l’environnement de naissance (racial, familial, social et culturel). Il est ce qui nous rend unique. Au travers de ce petit germe de liberté, la nature développe en nous, patiemment, la sagesse, le pouvoir et l’amour.

Le terme de destinée est aussi riche en enseignements : il est à la racine du mot destination qui signifie le rôle, l’usage.

Le concept de destinée implique une fonction à remplir. Le caractère actualise la destinée, c’est-à-dire le rôle que nous avons à jouer dans cette existence, un rôle qui n’est pas imposé: on continue à confondre astrologie et fatalisme, on fait d’elle le chantre du c’était écrit, comme si sa fonction se bornait à décrire une destinée transformée en fatum, en une fatalité inéluctable à laquelle nul ne pourrait échapper. C’est tout à fait le contraire, puisque l’astrologie n’a de sens que si elle nous permet d’agir sur la destinée.